Un Bourget qui annonce le printemps
Être un parmi tant de gens, une foule gaie enthousiaste, fraternelle, n'hésitons pas sur ce mot tant il est vrai. Belle ambiance, mais, pour moi toujours cette petite voix qui me dit "prend du recul, regarde bien, écoute bien, et retrouve bien le détail des ingrédients qui t'ont tant plu". Je suis allé au Bourget en gourmet soucieux de son plaisir et de la qualité des plats qui allaient défiler. Globalement j'ai été satisfait, même si j'ai bien senti que les coups de brosse donnés étaient, de temps en temps, si fortement appuyés dans le sens du poil que cela en devenait artificiel.
Première salve nourrie, la loi de 1905... Bien joué me suis-je dit...on reviendra sur ses conséquences mais pourquoi pas mettre une bonne fois pour toute les pieds dans le plat Alsacien et Mosellan. Surpris, je m'attendais à un morceau de bravoure lyrique et j'ai des mesures concrètes qui s'annoncent... J'ai entendu toute une telle somme d'actions, de propositions, de changements que j'en ai perdu le fil... Le tout dans une vraie cohérence, en tenant compte de l'injonction de ne pas créer de déficit supplémentaire. Sur le contenu c'est bien , même très bien, l'excellence relevant de l'utopie.
Sur la forme deux points moins brillants... Je n'apprécie pas trop les chansons de Yannick Noah. Tout ardennais soit-il, du sud, par rapport à moi, de Sedan, ses chansons manquent de pep's à mon goût. Ou alors le public était bien gentil, ou alors je détonne. N'ayons pas peur de détonner. Quant à la prestation d'orateur de François Hollande... j'en saisis trop les ficelles, une gestuelle Mitterrandienne, des confidences Gaulliennes. Il y a du "à la manière de" qui doit s'effacer. On sent trop l'empreinte technocratique, le savoir faire réthorique d'un bon énarque puisant ses racine dans la culture de l'Etat. On ne demande pas un bon imitateur mais une personne. François, sort du Moule d'homme de l'Etat pour vraiment incarner l'homme d'Etat qu'on attend de toi.
Pour finir, ces deux choses vues et ressenties. Une pompe, une tatane, un mocassin en réalité, a volé dans les premières minutes pour atterrir sur la scène affolant quelque peu les nemrods qui ont scruté ma tribune pendant tout le discours. Je ne pense pas que cela ait pu se voir à la télé, le PS ayant controlé toute la transmission... et enfin, une voix qui semble sortir de la tombe de Jarnac à mesure de l'enrouement. Va falloir tenir le coup encore un peu plus de trois mois.
voeux de la section, petites grandes maneuvres électorales
Petite réunion amicale et ouverte ce samedi midi à Méry, distribution de belles roses à longue tige pour les dames, voeux de santé pour chacun et de victoire pour tous. On a vu même une bonne partie du conseil municipal, et deux
candidats, oui, deux candidats sur les trois en lice de la même majorité municipale, dans le même cénacle. Le nouveau vert Guillaume Vuilletet et le bien plus ancien chevènementiste JPP. Tous souhaitant la victoire générale de la gauche....
En humant l'atmosphère, je sens qu'il va falloir bien travailler de concert pour que la circonscription ait une chance de contribuer au mouvement. L'idée d'une candidature mixte ne serait pas si mauvaise. Par candidature mixte j'entend un vert pour le mandat, accompagné d'une socialiste pour la suppléance. Avec ce bon carburant vert et rose, je crois que tout le monde pourrait être sur le pont.. Euh j'oublie JPP et même notre ami modem Xavier... ben oui... charité oblige.
Demain, ambiance stade de foot ou concert rock... je me rends au Bourget pour le meeting où François Hollande doit faire un discours important. J'aimerai dire, dans quelques temps "j'y étais".
5% ou "j'ai échoué" (sic)
Cette campagne est très dure... La mémoire peut être rafraichie par tout le monde. Les écrits ne sont plus les seuls à rester, à n'être dépoussièrés que par une paire de chroniqueurs monomaniaques des archives, les paroles ne volent plus. Quand Sarkozy venait cameloter au fénestron, se doutait-il qu'il serait pris au jeu cinq ans après... ou pensait-il, à tout hasard, qu'on aurait oublié ?
Pas de chance, le net est passé par là. Il devient dangereux de paraitre sur les étranges lucarnes. Dommage que les campagnes municipales n'aient pas été suivies par autant de caméras, c'est une idée pour l'avenir. Il n'y aurait plus que des propos mesurés et millimétrés de la part des candidats, surtout ceux, qui n'ont pas la situation réelle devant leurs yeux, quand ils voudront se faire élire.
La démagogie, l'intoxication et le mensonge délibéré en prendraient un sacré coup.
cigales atomiques
Les débats nationaux reviennent sur le blog, campagne présidentielle oblige. Dans le tour d'horizon nécessaire au choix de chacun, la politique énergétique est devenue un point d'accrochage. Les écolos ont l'avantage d'être constants, François Hollande préconise une politique visant à terme de se dégager du monopole nucléaire actuel, la droite, elle panique, et étend à l'énergie son couplet habituel d'apeurement de l'opinion publique.
Que dire face à ces prédicateurs de l'apocalypse énergétique, à base de menaces de panne de courant et d'emplois s'évaporant, à défaut de damnation éternelle ? Plein de choses raisonnables et vraies, :
- Nous avons un outil nucléaire vieillissant. Outre la centrale de Fessenheim, qui est la plus vieilles, je peux citer St Laurent des eaux dont le modèle est proche de Tchenobyl. Si on les prolonge, ces centrales vont coûter de plus en plus cher en entretien, ne serait-ce que pour le fonctionnement.
- Nous nous confortons dans une fausse indépendance. Les pays producteurs d'uranium sont d'autres émirats. nous peinons à conserver une mainmise quasi coloniale sur le Niger... Certes nous nous contituons un stock énorme de déchets. Il y aurait là une injonction d'utiliser ce patrimoine ; la France serait nucléaire pour des siècles, le temps de maitriser la technologie qui permettrait de transfomer ces poubelles nocives en quelque chose.
- Nous sous estimons le coût de l'energie. oui le cout de notre petit café du matin, du radiateur et de la clim sont largement sous estimés. Aucune installations fermée n'est encore vraiment démantelée, même la doyenne, celle de Brennilis en Bretagne, arrétée en 1985... Petite anecdote en passant, on ne retrouve plus les plans de ce machin.... Je connais un réacteur, à Chooz, enterré dans la montagne, qui attend le même sort. Même si l'on continue dans la voie nucléaire, quand tous les ouvrages qui auront dépassé la cinquantaine d'années, c'est pour dans 10 ans, devront être démantélés..; et remplacés par de nouveaux équipements nucléaires. On aura à payer beaucoup plus, bien plus que deux fois plus, pour la même production electrique. Il faudra prendre d'énormes précautions à la réception de la facture... elle sera pas chaude, mais incandescente...
- enfin, le fanatisme nucléaire dans lequel s'enfonce la droite n'est pas seulement un acte de foi, il défend des intérets bien précis, bien proches des cercles gouvernementaux. EDF et Aréva, certes, mais aussi Suez, groupe privé qui contrôle déjà des réacteurs en France et en Belgique et enfin Bouygues, qui a bien envie de passer du béton au neutron ; TF1 ne sera pas neutre dans l'affaire.
Que de temps déjà perdu. Sans être totalement vert, j'ai, quand même, depuis toujours, une énorme sensibilité sur cette question. J'ai eu un chauffage electrique des plus déplorablement performant.. c'était une économie, me disait-on. J'ai toujours proné des solutions douces et autonomes pour ces gouffres energétiques que sont les chauffages domestiques, on me répond toujours que cela ne devient rentable qu'au bout d'une vingtaine d'années... J'entends ça depuis 30 ans, ça devrait marcher, non. Consommer moins ne signifie pas se priver, mais consommer autrement... On peut se désintoxiquer du dumping nucléaire.
Finalement notre pays vit à crédit énergétiquement, nous tirons une traite sur les générations à venir. Et là c'est pas comparable à la dette, en plus de la question économique, on a tout un enjeu environnemental majeur.
Nous alllons faire payer aux générations futures notre energie d'aujourdh'ui. De deux façons, par la charge économique improductive qui pessera de plus en plus lourd et, pire, par le poison que nous leurs laisserons.
La Cigale nucléaire, beau symbole pour l'UMP !
funambule habile
je m'étais fait un pari avant la commission des finances... et j'ai gagné. La renégociation des emprunts s'est accompagnée d'une petit million en plus... pour la bonne cause, ce sont des crédits d'investissement, mais on passe de 10 533 610 € à 11 533 610 €, euh j'oubliais les 62 centimes en sus. La renégociation, qui a duré deux années, a été conclue le 18 octobre, un haut cadre de la caisse d'épargne s'est même déplacé pour l'occasion. J'ai oublié de Je me suis retenu de demander s'il avait été reçu convenablement. Depuis donc le début de l'automne, les choses étant fixées, l'energie de l'équipe dirigeante a pu se consacrer à la communication. J'en ai constaté l'effet : un résumé en une page présentant le processus, du point de départ à la signature. Il se termine par un communiqué de victoire : "la dette de la collectivité est sécurisée", avec un prêt de 5.38% qui s'éteindra en 2048 2046 (ça fait 35 ans...).
Un fort parfum d'"éléments de langage" s'est donc dégagé de cette commission "un budget montrable, déminable" "opération de sécurisation". Les manquements de la banque ont été briévement soulignés, mais comme c'est avec elle que la municipalité a négocié, il ne fallait pas l'attaquer de front. Je crois qu'un interêt mutuel bien compris a emporté l'affaire : l'executif municipal englué dans une mauvaise opération, et la caisse d'épargne qui se débarrasse de quelques échardes minimes pour éviter que les victimes fassent masse. Je ne crois pas à l'argument développé par JPP comme quoi il vallait mieux négicier négocier à part plutot que rejoindre la cohorte des institutions locales qui ont porté plainte. En tous cas, la pression que l'on a exercée, les élus PS, dès le vote du premier budget de ce mandat, n'était pas dénuée de sens.
La cerise sur le gateau, l'argument suprême, a quand même du mal à passer. On aurait "gagné de l'argent dans l'opération ". à enmprunter avec ce dispositif pourri, on aurait bénéficié du tunnel à faible taux.
Faire passer ça, chapeau monsieur l'équilibriste.
commission finances
D'habitude, je ne fais pas part des travaux préparatoires. Jusque là je n'avais pas communiqué de confidences ni sur les réunions en bureau municipal (là, c'est trop la soute, donc chut... et puis, je n'y vais plus) ni sur les commissions.
Cette semaine, ce sera différent. J'ai certes plus d'un pied en dehors de la municipalité, mais il serait irresponsable de ma part de ne pas me rendre à la réunion de la commission des finances, l'ordre du jour est trop crucial. On va nous exposer les résultats de la renégociation des prêts. Je m'y rendrai avec un esprit on ne peut plus attentif. Je ne sais pas me comporter comme la Pompadour, après moi, s'il peut ne pas y avoir de déluge, ce serait bien.
hommage unanime
Mohamed Lachguer, adjoint au maire de Valmondois, est mort dans la nuit du samedi 5 novembre. Un hommage lui a été rendu hier, mardi dans une salle qui n'a pas pu contenir tout le monde. L'ensemble des maires de l'intercommunalité étaient présents, JPP y compris, et, au vu de la tristesse partagée, les regrets sincères et des récits que j'ai entendus, j'ai appris qu une personne d'exception nous a quitté.
Je n'ai, de ma part, rencontré Monsieur Lachguer, qu'une paire de fois. Je le regrette. J'ai rarement vu un tel concert de louanges, venu de tous les bords. Les élus ont tous un grand sens de l'interêt public, mais j'ai bien senti la dimention exceptionnelle, par son parcours et son action de Mohamed Lachguer .
Un sourire ironique s'est glissé pourtant, dans l'oraison de Madame Lenoir, à l'instant où elle soulignait un des points qui caractérisait son ancien premier adjoint: Selon l'anienne maire, Mohamde Lachguer forçait l'admiration par son respect d'autrui et sa volonté de rassembler les gens plutôt que d'hatiser les conflits. J'ai déjà constaté que, pour ce qui la concerne , cette grande leçon d'humanisme doit toujours être recommencée. (euh, pour moi aussi d'ailleurs...)
liberté, j'écris ton nom, cette fois c'est :Charlie
Trop facile. Trop facile d'incendier des locaux peu surveillés. trop facile de de s'en prendre à un nid d'anars, trop facile de tomber dans une telle provocation. Avec cet incendie on est passé d'un "bête et méchant" provoc' salutaire, d'ados et d'anars de tous poils, à l'intolérance religieuse et au spectre de la violence vengeresse . On aurait pu se passer d'une nouvelle preuve de la sempiternelle actualité du "le cléricalisme, voilà l'ennemi".
Avec de telles pratiques, ce n'est pas la sagesse que l'on convoque. Non, l'incompréhension, la violence et la volonté de terreur ont gagné du terrain. Quel modèle avons nous, où vont se ruer les petits mâles en quête de marque de virilité? Dans une croisade contre le croyant, contre l'impie, contre tout et n'importe quoi ? ou dans une réflexion plus large, plus mure, plus sage, du type : où est l'essentiel, quelle est ma liberté, où est celle des autres ?
PFFF! quel boulot nous avons à dégoupiller tout ce qui ne demande qu'à pêter. Et on n'est pas trop aidé dans l'affaire. Souvenez vous de ces mots sarkoziens :"l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."
Pour nous, l'espérance, ce n'est ni un paradis, ni une résurrection, ni même un grand rien, c'est ici et maintenant, les droits de l'homme et la justice sociale.
maintenant, il reste six mois
Le second tour m'a surpris. Je m'attendais à un moindre succès, les votants ont été partout plus nombreux. Méry a suivi la tendance, nous sommes passés de 393 votes à 424. Pour moi, la magie s'est un peu dissipée, nous étions mieux rodés, on a perdu moins de temps, tout le monde s'y est mis, les organisateurs et les électeurs. La primaire s'ancre rapidement.
Pour ce qui est des notes d'ambiance, j'ai souri à la renaissance des cabines téléphoniques, par le recyclage des isoloirs.. J'ai remarqué aussi, que bien peu de conseillers municipaux se sont déplacés pour l'occasion. JPP n'est pas venu. On n' a pas vu non plus, voter des gens notoirement marqués à droite, peut être y a t'il eu une certaine interférence, mais je pense que sa portée fut minime. Il n'y a pas eu de provocation du même type que madame Lenoir, ex maire de Valmondois, venue mettre un bulletin avec un sourire goguenard à Auvers.
En tous cas voilà les résultats finaux sur Méry. Je suis content qu'ils soient différents à l'échelon national. Notre candidat pourra s'assoir sur cette victoire pour affronter N Sarkozy et le battre.
Prochaine étape : appeler à s'inscrire sur les listes électorales....
424 suffrages exprimés 1 vote nul
Martine Aubry 204 voix 48, 34%
François Hollande 218 Voix 51,65%
résultat premier tour primaire Mery
Ce fut une réussite. Bien sûr on peut toujours trouver une petite frustration.... on a failli avoir 400 votants, mais leur n ombre s'est arrété à 393, c'est quand même un bon score, un très bon score.
résultats des primaires citoyennes à Méry sur OIse
Inscrits 5982 Votants 393
A Montebourg 60 Voix 15,26%
M Aubry 124 Voix 31,53%
JM Baylet 1 Voix 0,025%
E Vals 34 Voix 8,6%
F Hollande 146 Voix 37,15%
S Royal 27 Voix 6,9%
Ces résultats ont étés constatés par tous, plus d'une douzaine de personnes sont venues nous aider pour dépouiller ou simplement assister aux opérations. On a même vu M Legemble, qui n'avait pas du tout envie de voter, mais dont on connait le regard critique. JPP, venu sur le tard voter est resté au dépouillement et donnait l''air d'être l'organisateur.
Une fois ces pesronnes parties, nous avons conclu la journée par la rédaction du procès-verbal. Et là, je révise un peu mon avis sur le stylo. Toutes les pièces officielles ont été rédigées avec lui, rendant encore plus difficile une éventuelle manipulation.
La journée se termine toutefois sur un bémol sur deux points. D'une part, j'aurais préféré que le candidat de la gauche soit élu avec une confortable majorité. Ce second tour ne s'annonce pas ainsi. D'autre part, j'espère que l'intensité de la campagne du second tour ne nous fasse pas sortir des rails actuels pour nous retrouver dans une ambiance du type "congrès de Reims".
singularité des primaires
Petite pose entre deux moments de permanence occupées par l'organisation du vote à Méry-sur-Oise. A 14H00, l'objectif que l'on s'était fixé pour la journée était déjà en passe d'être atteint, il ne manquait que deux votants pour franchir la barre des 180. On peut déjà dire que le succès est là. A Auvers aussi, les trois bureaux ne désemplissent pas. Les consignes passent bien, les électeurs comprennent le parcours un peu différent qu'on leur fait suivre... Les quelques bouchons, d'ailleurs, permettent aux personnes qui poirautent patientent (?) de comprendre un peu plus vite.
En revanche, comparé aux autres journées électorales, il y a une autre ambiance. Non pas qu'on soit moins sérieux, le respect républicain est toujours de mise, mais il y a plus de cordialité, plus de sourire, plus de chaleur entre les electeurs et les scrutateurs.
Le seul point qui me semble à vérifier, c'est la fin de l'opération, quand les électeurs, s'ils le veulent, notent leur coordonnées avec le stylo electronique. Je n'ai pas trop confiance en ce bidule, et pourtant je ne suis pas un attardé numérique. Je remarque simplement qu'il est clairement stipulé que l'on doit écrire en majuscule.... alors qu'en France, la cursive est LE mode d'écriture usuel. Je crois bien qu'une grande partie des indications devront passer par un traitement humain avant d'être exploitées... à preuve du contraire... mais j'en doute.
Les résultats pour Mery seront mis en ligne ce soir... C'est un jour à savourer particulièrement car j'ai le pressentiment qu'il n'y aura jamais plus une telle ambiance si la pratique des primaires s'installe.
C'est beau de vivre une première fois.
marée montante
réunion vendredi soir, une cinquantaine de personnes, première réunion publique consacrée aux élections Présidentielles de 2012.... beau succès, même si on doit en retirer 50% de professionnels de la profession :
- Les membres du conseil municipal qui se sont retirés du PS à un moment ou à un autre, on les reconnaissait à leur moue dubitative.
- Les élus socialistes, dont notre nouveau sénateur et notre conseillère générale.
- Et les quelques capteurs de vent, toujours en recherche du mistral qui les porteraient jusqu'aux nues, j'en ai reconnu.
Soirée qui ne fut pas qu'entre amis, un vrai public, moins au fait du quiféqwa politique, est venu écouter les porte parole des candidats aux primaires. Soirée citoyenne par excellence, malgré l'inégalité des porte parole et les limites de leurs propres compétences. Les plus habiles des orateurs, comme Garance Yayer, qui avait la pêche, mais aussi Emmanuel Maurel, très fin, pour M Aubry et le radical de service... (oops j'ai oublié son nom, qu'il me pardonne) ont eu d'ailleurs la politesse de ne pas appuyer sur des défauts trop évidents que leurs contradicteur laissait apparaitre. Tacler un porte parole un peu faible sur certains points ne fait gagner personne. Ils ont su faire ressortir les affinités et les différences sans tourner au combat de coq, très loin de là.
Ce que j'apprécie le plus, c'est la salle pleine. Au second tour de la précédente présidentielle, nous avions organisé une réunion qui n'avait accueillie qu'une seule personne inconnue de tout le monde.. Là, malgré le tour d'horizon plus informé, on sent bien une autre dynamique...
Et si il n'y avait qu'un tour, ce serait un formidable tremplin pour porter notre candidat à l'Elysée.... Je n'ai même pas posé la question, pour une fois je me suis abstenu de toute provocation.
Qu'est-ce qui se passe ?
zola 2011
Second pélerinage littéraire pour moi... avant une grande pose, la maison de Zola sera fermée pour les quatre années à venir, le temps de la réhabiliter et de construire enfin le musée Dreyfus. Si on y ajoute le temps exceptionellement agréable pour ce début d'automne, on comprend à la fois l'affluence et cette atmosphére d'attention bucolique. Les pelouses étaient conquises par bon nombre d'auditeurs attentifs certes, mais aussi détendus. C'était ,nBerkeley ou Medan ? On en viendrait à regretter qu'il n'ait pas fait aussi beau en 1902, Zola n'aurait pas mis en route son poële fatal...
Les deux conférences me parurent moins longues, autre effet du soleil ? Les thèmes développés témoignent d'un net changement d'époque. L'année dernière, nous avions une communication très interessante sur Zola publiciste et une belle variation à propos de Nana - Du cul et de la pub - Un monde bling-bling est en train de disparaitre. Cette fois-ci, nous avons eu une trop courte communication, très interessante, rendant compte des connaisances économiques qu'avait Zola. La crise s'est installée, même parmi les fantômes des hommes de lettre, Christophe Reffait nous a présenté à la fois l'état des connaissances économiques dont disposait Zola, mais aussi, nous a introduit une analyse de l'attitude globale de Zola à propos des crises. Selon lui, les manifestations de ce monstre froid qu'est le capital n'est qu'un volet de la folie humaine.
Autre crise évoquée, celle de la presse, avec un Nicolas Demorand égal à lui même, dynamique et brillant. Selon lui, l'age du papier est derrrère nous. Zola en a été le hérault. Le directeur de Libération nous a prouvé que son héritage est certes toujours vivant, mais que l'heure de gloire de la presse écrite, celle où les journaux faisaient l'opinion publique, où ils étaient des éléments fort d'identification pour chacun de ses lecteurs et des porte-drapeau des convictions, ce temps est dorénavant révolu. Ni pessimiste ni florissant d'optimisme, le tableau nous a été dressé. Si l'audience des journaux-papier s'estompe, il est plus difficile aujourd'hui de cacher telle ou telle manoeuvre abusive. Le net est là, dans le cortège de dénonciation, la presse n'est plus en tête de file... Ce cher Nicolas, quadra à la peau encore lisse, s'est présenté comme un dernier des mohicans des jounaux-papier.... Il m'a fait prendre un sacré coup de vieux ....
chambre haute
les élections sénatoriales dans le Val d'Oise ne ressemblent pas tout à fait à ce que je pensais. Il est vrai que nous sommes dans un département où le sort des urnes se décide à la proportionnelle et non à la majorité. Je devais avoir la nostalgie des deux tours... et du repas où beaucoup de choses pouvaient se decider en coulisse entre gens de bonne compagnie. J'ai retrouvé quand même une ambiance de cénacle de notables, mais cela a un gout de déjà vu, survu et intégré. On se reconnait, on se salue.. et on ne se départ pas du sourire républicain. Quel que soit le parti, quelle que soit la liste, personne n'a troublé cette ambiance polie. J'ai voté en même temps que not' maire qui a bien pris soin de monter l'escalier sans afficher de peine.
Cependant il y avait un je-ne-sais-quoi dans l'atmosphère, quelque chose d'agréable pour moi. Après le vote je me suis retrouvé juste en face de la préfecture, le PS avait loué le restaurant pour l'occasion... salutations et ébauche de congratulations étaient au rendez vous, ainsi que le soleil, qui ajoutait encore une touche d'optimisme. Ce qui m'a le plus marqué, avec l'open bar auquel je n'ai pas goûté, c'est ce sentiment d'être dans la place. Sur tout l'espace entre la préfecture et ce restaurant, je retrouvais des têtes amies, plus ou moins proches mais croisées dans maintes et maintes réunions... J'avais le sentiment , non que l'on s'appropriait les lieux du pouvoir, mais qu'on incarnait la nouvelle direction qu'il faut donner au pays.
Sentiment fort que je ne voudrait pas voir avorter lamentablement....
cliché d'un univers sauvage : Clichy,
Alerte à la tuberculose à Clichy. J'ai dû prêter un peu plus attention aux nouvelles, c'était à Clichy sous bois mais le rapprochement qui s'était opéré dans mon esprit est porteur de sens. En 1920, la peste avait touché les plus pauvres habitants de la "zone". C'était à Clichy, Clichy la Garenne. Elle fut surnommée "la peste des chiffonniers". Cela datait d'avant la sécu.... et ne servait plus, ces dernières années, que de ressort pour des romans policiers comme "pars vite et reviens tard..".
Terrifiante boucle, hier la peste, aujourd'hui la tuberculose, la dégradation des conditions sanitaires pour les plus démunis de nos concitoyens n'apparait pas au grand jour. On le savait, du moins on s'en doutait. Mais là, la sécurité sociale, dans son sens le plus littéral montre de telles failles qu'on peut déjà entrevoir le conséquences d'un éventuel effondrement.
On peut se moquer du "care", promu par Martine Aubry, et je ne vote pas pour elle aux primaires. Mais là est bien la preuve qu'il faut changer de direction dans notre pays. A trop magnifier la performance, on laisse de cotés les perdants...; et cela nous revient dans la gueule, cela nous pète à la figure et le chaos trouve une niche dans laquelle viennent se lover nos craintes. La France est une République sociale, c'est dans le préambule même de notre constitution. Ce ne fut pas validé par un de Gaulle qui sucrait les fraises. Il est absolument nécessaire de renouer tous les liens défaits par l'obsession de la compétition. L'égalité des soins fut une conquête majeure du CNR, nous devons, pour le bien de tous, restaurer cet idéal et avoir la volonté de défaire le pessimisme pervers des libéraux.
Il n'est pas écrit dans le marbre que les pauvres doivent être plus malades que les autres.


