Hugues Vessemont, socialiste-zombie.....

01 novembre 2016

Les Damnés à la Comédie Française

Les Damnés à la Comédie Française, indéniablement spectacle à voir. La scène s'élargit, à la fois avec l'écran, mais surtout grâce aux caméras très mobiles permettant des choses inouïes. Les hors champs ne le sont plus. Et vous avez déjà vu des gros plans au théatre? Moi non !
Le sujet est intemporel, Néron et Messaline concluent le tableau... Et très actuel, l'incendie du Reichstag entre en résonance avec Erdogan, dernier exemple en date, mais pourquoi ne pas faire allusions aux attentats de Moscou en 1999, au 11 septembre, et surtout aux pulsions sécuritaires mal intentionnées.
le Nazisme percole lentement.

podalydes_salut_nazi_1Certains y croient. Podalydes, le SA, fait une magnifique performance en coordination avec une vidéo. On sent monter en puissance le Horst Wessel Lied, Hymne nazi par excellence, à tel point qu'un malaise s'installe.

bourbon juillet 1940Une image s'est instazllée en moi alors. Je me suis vu au Palais Bourbon le 23 juillet 1940.

 

Tout cela se mue progressivement en orgie virile pour se terminer en un bain de sang... au sens premier du terme.

891840-les-damnes-festival-d-avignon-70e-edition-

 

gallienneD'autres, rôle joué par Gallienne, tentent de le mettre au service de leur ambition, et seront balayés.


Seul reste le maître de la manoeuvre, le plus pur nazi, deux ex machina qui récupère le tout.


Cependant je ne prend pas tout avec le même enthousiasme. Je ne sais pas si je deviens exigeant ou si c'est un des premiers symptômes du syndrome du vieux con, mais à quoi bon ces exagérations ? Pourquoi les SA doivent ils s'enculer sur scène ? Pourquoi ces humiliations de goudron et de plume ? Pourquoi cette scène de glissade potache ? Pourquoi enfin Kalashmikover la salle façon Bataclan ? L'accumulation de ces outrances amoindrit le geste final, coutumier des pleureuses de l'antiquité, qui ne devient là qu'une humiliation cabotine de plus.


Donc je répéte.. à voir et à ressentir... ou plutôt zum erleben, comme l'avait remarqué Klemperer, dans LTIII, au sujet des petits cadres nazis satisfaits après avoir organisé une cérémonie dans leur fief.

A la sortie, les lutins sordides et grimés qui trainaient dans les rues à l'occasion d'Halloween étaient sans aucune commune mesure avec ce qui s'était passé dans le théatre. La vraie peur y avait soufflé.

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21 novembre 2015

Trois mois d'état d'urgence.... et après ? état de mes craintes

Les fusillades et les explosions du vendredi 13 novembre à Paris sont des événements inédits dans leur ampleur et par le nombre de victimes. Je fus sidéré, pendant toute la soirée, j'ai vu comme bien d'autres le nombre des victimes croitre, devant mon écran, assigné à l'unique rôle de témoin impuissant et triste.

 

La réaction du gouvernement fut prompte, pas le temps de se laisser emporter par le chagrin, ni de se réfugier, comme moi, dans sa couette, cocon réconfortant à la douceur protectrice. Non, discours ajusté, intensification des frappes en représailles, proclamation de l'état d'urgence, visite sur les lieux, une attitude digne et responsable, à la hauteur de ce qui était attendu par l'opinion publique, les sondages le confirmant. D'autre part, cette même opinion publique ne sombre pas dans le piège de la vengeance.

3_juin_1957_2_-7227a

On n'avait pas recourru à tous ces moyens législatifs depuis plus de 50 ans. Nous ne sommes pas dans le même contexte que pendant la guerre d'Algérie où, aux bombes du FLN encore fumantes, répondaient des ratonnades et des émeutes de pieds-noirs voulant s'en prendre aveuglément au musulmans. Sommes nous plus raisonnables qu'alors ? J'aimerais le penser. En réalité nous sommes moins acculés que les européens d'Algérie et nous pouvons donc plus facilement raisonner face à la tentation du talion. Je n'ignore pas que certains n'ont pas cette retenue, mais il semble qu'ils savent qu'ils ont trop à perdre pour passer délibérement à l'acte, et surtout qu'ils ne seront aucunement soutenus, pour encore longtemps.

Ce qui me dérange dans les suites de ces attentats, c'est cette volonté de bousculer notre démocratie. La lutte contre ces attaques aurait elle vraiment besoin de tout ce nouvel arsenal législatif imposé par le gouvernement? Je me pose la question. Prolonger l'état d'urgence sur tout un trimestre peut s'expliquer en regardant le calendrier. On a bientôt la cop 21 puis les fêtes de fin d'année... là j'accepte... mais après, on a Carnaval, les Pâques, le 14 juillet... La boucle se referme trop facilement sur elle même. Si nos policiers et nos juges prennent l'habitude de recourir à ces moyens exceptionnels, perquisitions à toute heure, décisions administratives et tout un arsenal que je n'ai pas trop détaillé, comment pourront-ils s'en désintoxiquer si un retour à la normale survient. Les textes de droit ne me sont pourtant guère coutumiers mais j'ai une nette idée de ce que sont les droits fondamentaux, et là, je sens qu'il se creuse une faille.

Au premier niveau de mes craintes, on a donc ce présentiment, cette quasi certitude que les restrictions des garanties et des libertés, décidées cette semaine, seront irreversibles.

Au second plan, j'ai peur que la situation n'échappe aux dirigeants actuels. François Hollande n'a commis aucune faute dans l'attitude, mais au moment où a été exfilté du Stade de France, des quolibets avaient déjà fusé. La tentation de jouer du coup de menton, de surjouer l'autoritarisme, est déjà perceptible chez le Premier Ministre. Qu'en sera-t'il si nous connaissons, dans un avenir proche, deux ou trois autres massacres de ce type ? Souvenons-nous de la décision de Guy Mollet après la journée des Tomates : carte blanche à la repression... torture et "crevettes Bigeard".

Et enfin, catastrophe incertaine mais pas inenvisageable, et si cet outil repressif tombe dans des mains autoritaires ? Pain beni pour que la France soit noyée dans une marinade brune.

Si je n'emploie pas le mot terroriste, c'est pour bien des raisons. Déja ne pas leur faire l'honneur d'avouer à ces individus qu'ils me font peur. Et puis, ce mot a été tellement galvaudé. Non, ce sont des lâches, des criminels, des assassins qui se droguent d'une foi qu'ils ignorent pour se donner une âme et d'amphet' pour passer à l'acte.

 

 

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06 octobre 2015

Air France, écoutez la clameur plutot que de vous cantonner dans une trop facile indignation.

financialtimes061005Le "french bashing" a trouvé une nouvelle occasion de se repaître. L'image de ces pauvres cadres, qui n'ont perdu ni leur dignité, ni leur cravate, honneur et rang sont saufs, fait le tour de la presse mondiale ce 6 octobre 2015. Tout juste rescapés d'un lynchage! Quel débordement ! Quelle violence! Quelles brutes ces français, conclut-on rapidement, quand le regard furtif télescope cette image. Mais de quoi est-il question ? De l'annonce d'un nouveau plan de suppression d'emplois, après d'autres plans qui avaient demandé des sacrifices chez tout le personnel d'Air France. C'est vrai, 2900 postes supprimés, ça devrait passer tout seul, de là dépend la vie de l'entreprise dit-on. Ce n'est pas raisonnable de se laisser emporter par une émotion qui n'a pas lieu d'être. C'est la loi du business, et si tu rechignes, renacles, exploses, ça n'y fait rien, c'est ainsi ... et tu as de la chance de ne pas travailler pour Qatar Aiways, car dans ce cas, c'est la prison...

Quelle perversion de la communication, quel retournement de situation, à quelle arnaque journalistique assistons nous. On est devant une "course à l'échalote" qui s'est honorablement conclue finalement, pas de passage à tabac, pas de sang, pas d'écchimose, une exfiltration rondement menée juste le temps de saisir l'événement pour diffuser l'image qu'on voit et revoit. On a connu des rudoiement plus catastrophiques. Oui, au XXIe siècle, on a oublié un peu qu'il existait des luttes sociales. Nous avons là un débordement à l'échelle de la tension accumulée dans cette entreprise, et alors, pas de quoi en faire un plat ... Finalement, il est dommage que celà n'ait pas lieu plus souvent, et que cela touche pas les véritables acteurs du malheur de salariés victimes de ce genre de décision. Si la menace de se retrouver en caleçon, secoué par une foule menaçante, dans une ambiance sonore peu confortable, avait une quelconque chance de se réaliser, les actionnaires ne seraient pas si gourmands et consentiraient à ce qu'une meilleure partie des profits aillent au personnel. Ils y gagneraient même je pense, il y aurait plus de consommateurs... même si je ne souscris pas totalement à ce schéma consummériste. Regardez cette vidéo, diffusez là...

 

 Seulement voilà, la dissuasion ne va toucher que les criminels de bureau, les executants de décisions qu'il n'ont pas prises, un DRH n'est que le gestionnaire technique du troupeau humain. Ce petit épisode, ne vaut  pas l'audience qu'on lui prête, si on se cantonne à l'indignation de bon bourgeois, en revanche, si elle pouvait servir d'exemple....

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19 septembre 2015

Regardons plus attentivement ce qui se passe en Hongrie

La Hongrie, d'habitude, on en parle pas. Petit pays de l'Europe,, moins de 10 millions d'habitants.... avec une population qui ne fait que baisser depuis 1980, tiens, un indice de malaise. Oui la Hongrie tourne mal et l'on a de quoi apprendre de l'alchimie qui donne ce vinaigre.

Sopron-Hongrie-le-27-juin-1989L'image furtive de 1989 a vite été dépassée par l'ampleur de la vague qui a abouti à l'effondrement des régimes soviétiques de l'Est de l'Europe.

hongrie-allemagne_389Premiers à ouvrir leur frontière au printemps 1989, les Hongrois ont engendré une hémorragie de fugitifs quittant la RDA faisant s'écrouler le régime à l'automne. L'action d'un petit pays pouvait, par effet de levier, par contagion, par sa situation pivot, provoquer un bouleversement qui change la face du monde... et de l'Europe plus précisément.

La Hongrie alors, comme les autres ex-membres du Pacte de Varsovie, sont entrés dans une phase de conversion au prix de régressions, de crises et de métamorphoses. Le pays avait un petit avantage, une économie juste un peu plus souple qu'ailleurs dans les pays satellites. Sécoués profondément par cette mutation, avec une élite politique fragile, les hongrois ont de plus en plus écouté les sirènes nationalistes qui appuient sur le théme de la nation bafouée, punie injustement, selon eux en 1919, qu'il faut protéger et redresser. Et c'est dans cette atmosphére que Viktor Orban est parvenue au pouvoir en 2010.

journaliste-hongroise-petra-laszlo

Le raccourcis est saisissant. Hier... déjà hier, les barbelés étaient abolis, aujourd'hui c'est la fête chez leurs fabricants. Les murs se construisent en Hongrie, frontière par frontière. Il y a quelques semaines c'était face à la Serbie, là les piquets sont plantés du côté croate, et à l'Est l'armée veille devant le Roumanie. Et si ce n'était qu'une question de murs, non, c'est un climat de détestation que laisse courir ce gouvernement, rumeurs de débordement, d'invasion... d'épidémie savamment diffusées. L'image de la journaliste s'en prenant aux réfugiés n'est pas une incongrüité dans ce contexte. Tout ça pour générer un sentiment de forteresse assiégée où les Hongrois doivent se rassembler autour de leur gouvernement.... J'aime pas, surtout que ce scénariopourrait n'être qu'une perspective avec nos "propres?" fascistes customisés de marinisme.

 

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18 juin 2015

Un petit coup de blues... de folk, de rock'n roll... enfin de contest song quoi.

Autre aspect du bac, plus agréable là. Ce matin, 18 juin, bien trouvé ont eu lieu les épreuves d'histoire-géographie... Pas d'élèves paniqués, bon constat... Les sujets étaient honnêtes, ils pouvaient largement s'en tirer. L' épreuve courte était en histoire et elle demander de rechercher comment la puissance américaine était présentée dans deux documents.

amstrongLe premier , une photo de neil Amstrong, très connue, classique en histoire. Le problème, pour les candidats, était de se souvenir non seulement du cours de cette année sur la puissance américaine, mais aussi de celui de l'année d'avant sur la guerre froide. L'aventure, le défi, il ne manquait plus que Bruce Willis pour incarner cette mâle puissance qui s'est toujours mesurée depuis que les hommes ont des armes. Que ce soit la taille du silex ou celle de la fusée, nous savons que derrière il y a un peu le concours de la choses la plus grosse qui pourrait déterminer la légitimation du pouvoir ( Si je lis ça dans une copie, il y aurait interêt d'avoir plein d'autres remarques bien plus judicieuses pour que je prenne ça pour une digression ironique et me mette à l'apprécier)

 

Le second document a titillé mon esprit un bon bout de temps. .. On était toujours en été 69 mais à Woodstock.J'ai trouvé une meilleure traduction, plus péchue, que celle du sujet.

Allez tous les costauds
Oncle Sam a encore besoin de vous
Il s’est foutu dans la merde
Là bas au Viet Nam
Alors lâchez vos bouquins et prenez un fusil
On va se marrer.

Et si, non, c'était pas vrai, ce n'était pas possible ! Finalement si, c'était trop beau ! Country joe and the fish!

Allez Wall Street bouge toi
C’est une guerre juteuse
Il y un paquet de fric à ce faire
Le matériel militaire et le commerce
Espère et prie s’ils lâche la bombe
Que ce soit sur le Viet Cong.

Cette p.. de contest song qui tourne en ritournelle dans ma tête depuis ce matin

Allez les mères de tout le pays
Envoyer vos garçons au Viet Nam
Allez les pères n’hésitez pas
Envoyez vos fils avant qu’il ne soit trop tard
Vous serez les premiers du quartier
Dont le fils reviendra dans une boîte.

Et tout un univers défile, que je n'ai vécu qu'en spectateur enfantin, mais qui, pour moi représente l'élan de la jeunesse ... Certes, il manque le And it's one, two, three, What are we fighting for ?
Don't ask me, I don't give a damn, Next stop is Vietnam.
And it's five, six, seven, Open up the pearly gates,
Well there ain't no time to wonder why
Whoopee! we're all gonna die....

couple woostock

h vessemont and dany Cohn Bendit, Blois 2014

Qu'en dire maintenant ? Que ça se télescope avec deux images, celle du couple photographié sue le disque de woodstock, près de cinquante année après. En regardant country Joe chanter dans le film tourné à woodstock on ne voit que de jeunes visages, toute la force et la vitalité d'une jeunesse joyeuse, libertaire et hédoniste. Le baby boom sortait de l'adolescence et bousculait le monde... Je fais partie de ce baby boom, comme Dany, comme John Lennon, comme Cabu. Ce soir radio nostalgie tourne en boucle sur des riffs de Jimmy Hendrix. P.... de Bac, P.... d'année 2015. Comme dirait l'autre : Times, they are a changing...  Le problème c'est que le temps qui coule non seulement nous mène vers l'inéluctable disparition, mais aussi qu'il semble pencher vers une régression détestable. Si y a des regrets à avoir la cinquantaine bien passée, c'est bien à se sujet.

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17 juin 2015

Pas d'excuses ni démenti, mais un effacement significatif

strabon2L'affaire des conseils de modération pour le bac publiées par l'académie de Versailles ne sera surement pas un long feuilleton, mais sa conclusion me laisse sur ma faim.

Il a déjà suffit de faire du bruit pour qu'il y ait déjà une modification arrondissant quelque peu les propos, le bruissement avait largement dépassé le stade du murmure, mardi soir, 16 juin, ces mots : «Un fonctionnaire qui se soustrairait de son propre chef aux obligations des règlements d’épreuve romprait l’égalité entre les candidats et engagerait sa responsabilité personnelle, encourant recours et sanctions» sont passés à la trappe. Agiter le knout hors de propos décrédibilise la menace, c'est pas trop mal de s'en rendre compte, signe de sagesse, même à postériori.

Mais le texte était toujours là. Mercredi matin, les lecteurs du Figaro, puis les auditeurs de France Inter ont eu vent de ce malaise, de la réaction de nombreux enseignants à ces injonctions. La rumeur devient audible pour le grand public, mes collègues commencent même à en entendre parler, l'affaire déborde du cercle des enseignants informés et réactifs... Ca doit surement aller plus loin je suppose car, vers 10h30, je vois s'afficher, sur le site Strabon, la réponse du rectorat : erreur 404. La page incriminée n'existe plus, aucun commentaire, d'après ce que je sache. Une façon peu élégante de désamorcer la chose, on fait disparaitre la poussière sous le tapis au lieu de reconnaitre l'excès du ton et la particulière nocivité de l'approche préconisée par la hierarchie. Pour les nostalgiques de ce grand document, vous le retrouvez en copie d'écran juste à coté de ce billet

S'il y aura une suite, j'en sais rien. Je pense que le schéma de communication va reprendre son cours habituel. Les mêmes conseils ne seront plus donnés .... qu'oralement, je les ai entendus ce printemps, je peux en témoigner. Si ce n'était qu'une maladresse de comm, on pourrait trouver un lampiste à sanctionner. Le problème est bien plus grave. Il s'agit hélas d'un aveu dommageable, d'un abandon à la médiocrité et surtout d'un manque de confiance dans nos élèves et de ce que l'on peut et doit attendre d'eux. Mais là, face à ce défi, il ne faut pas être seul devant eux, et avoir le soutien qu'il faut de ses supérieurs, des parents et de la société toute entière... Magnons nous le train donc, pour leur réussite à eux.

 

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16 juin 2015

Conseils de modération pour le BAC, de quoi .... se poser des questions.

bacAinsi, nous, enseignants d'histoire dans l'académie de Versailles, sommes cadrés. Nos inspecteurs nous rappellent qu'il ne faut pas être exigeants. Un profane pourrait opiner, cependant les injonctions que l'on peut lire sur ce lien sont trop en deça des exigeances, des méthodes, des conseils que mes collègues et moi, ont inlassablement tenus pendant tout les trois années de lycée qui doivent aboutir au bac.

Vous comprenez que, quelques jours avant l'épreuve, on se retrouve en porte à faux. D'un coté, nous faisons notre boulot scupuleusement, honnetement, en poussant, tirant, stimulant, exortant nos elèves à atteindre un bon niveau, je ne parle pas d'excellence, et voilà que le laisser-faire, la médiocrité et le n'importe-quoi devrait être ... la norme.

Il y a là matière à appliquer le premier des conseils donné dans l'année : " Et surtout, face aux consignes données, DÉSOBÉISSEZ... intelligemment". Sur Facebook, où je peux converser avec de candidats en pleine révision, j'ai accompagné le lien vers le site Strabon, celui de l'académie de Versailles, accompagné du  commentaire suivant :
"Information à lire pour tous les candidats du bac S, attention elle peut être comprise de deux façons :
- soit vous prenez ça à la lettre, et waloo! vous torchez une copie infâme en espérant que le vilain correcteur sera dument chapitré par le gentil inspecteur.
- soit vous appliquez consciencieusement les conseils de méthodes qui vous ont été répétés pendant les trois années de lycée, et vous aurez, conformément à ces directives, une trés, trés bonne note
....


Bref, ceux qui seront les mieux armés sauront honorablement se défendre.... à nous de leur donner les clés de l'arsenal, et non de leur délivrer la petite cuillère réglementaire, avec laquelle ils ne sauront pas s'évader de leurs condition...

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17 mai 2015

surtout pas rester coi

Un blog politique, c'est fait pour commenter les événements en quelques paragraphes, au delà de la formule assassine, registre twitter et des renvois en cascade de facebook. J'ai eu une grande période d'hibernation, ça ne veut pas dire que rien n'a été fait, que je n'ai pas réagi, ni réfléchi aux événements qui ont émaillé ces deux dernières années. Mais un sentiment d'impuissance m'avait interdit de coucher sur le clavier quoi que ce soit. On peut appeler ça prise de conscience de la stérile vanité du petit blogueur égocentrique que je suis... ou sentiment d'être débordé par de trop puissantes vagues.

En ce mois de janvier, par exemple, j'étais au plus fort de cette réflexion. Mais il me faut réagir... Le mutisme, le silence, l'absence apporte encore moins que le petit murmure que vous lisez ici. Je ressort de l'ombre, surement transformé par des temps qui deviennent de plus en plus durs. Accrochages identitaires, doutes nécessaires et toutefois nauséabonds circulent, il faut prendre sa part au concert des paroles pour conforter celles qui me semblent les plus juste..

 

Je reviens donc, plus en Zombie-socialiste qu'en militant portant haut et fort les langues de bois d'où qu'elles viennent.

zombie

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29 mars 2014

Conseil Constitutionnel : une décision polique.

CONSEIL-CONSTITUTIONNELLe conseil constitutionnel vient de censurer la Loi Florange, à la demande d’un nombre consistant de parlementaires UMP. « La loi visant à reconquérir l'économie réelle » est amputée de sa principale disposition ; ainsi, « L’obligation d’accepter une offre de reprise sérieuse (…) et la compétence confiée au tribunal de commerce pour apprécier cette obligation et sanctionner son non-respect font peser sur les choix économiques de l’entreprise (…) et sur sa gestion des contraintes qui portent une atteinte inconstitutionnelle au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre ». Donc, selon ces conclusions, le droit de propriété aurait été entravé par cette mesure. C’est un jugement purement idéologique… et dangereux.

Idéologique, car il n’interdisait en aucun cas aux propriétaires de se défaire d’usines rentables. Il leur interdisait simplement de les euthanasier gratuitement. Les propriétaires sont responsables de leur bien, de leur devenir et de leur entretien. C’est sur ce point qu’insistait la loi votée en février 2014. C’est une extrapolation logique de ce devoir de responsabilité. De plus, une entreprise n’est pas un objet inerte, c’est la vie de tous les employés qui est en jeu, ainsi que celle des territoires où elles sont implantées. Même dans un siège social éloigné, on doit tenir compte du bilan objectif d’une activité, et pas simplement de l’intérêt stratégique du groupe, tout important soit-il.

On peut déployer tout un discours valorisant le travail, quant au terme d’acharnement, de zèle et de sueur, on voit se profiler le dictat d’une fermeture arbitraire de son usine, il y a de quoi se révolter d’une juste colère. Le travail, l’investissement des gens et leur devenir ne sont jamais sûrs d’être récompensés dans le monde actuel. Les sphères financières calculent autrement leurs intérêts... car elles en ont le droit. On peut leur imposer d'y renoncer.

Le conseil constitutionnel est devenu un rempart du laisser-faire cher aux ultra-libéraux. En d’autres termes, du droit du plus riche sur l’ensemble de la communauté.

Dangereux, la  défense, par le conseil constitutionnel,  de  cette primauté du droit de propriété ne va pas en rester là. C’est un coin qui peut permettre de revenir sur beau nombre de réglementations. Pourtant toute notre société tient par les brides successives apportées à la sauvagerie économiques. Il ne faut guère pousser loin ces conclusions pour faire fi des contingences environnementales, des avancées sociales, voire de l’état de droit. Liquider une entreprise qui dégage pourtant du profit, pour moi, c’est comme un dirigeant d’un club de foot qui donne l’ordre à ses joueurs de perdre, c’est un comportement frauduleux. Il peut se comprendre dans une manœuvre individuelle, il est inacceptable en société.

Le conseil constitutionnel s’est éloigné de sa fonction. Les « sages » du palais royal nous ont démontré que toute institution humaine a ses défauts. Cette décision me pousse à m’interroger sur sa composition et la façon dont sont nommés leurs membres. Quand une vague UMP, frissonnante de Bleu-marron se profile, quels seront les « sages » de l’avenir ?

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03 mars 2014

Tolstoï en Crimée

J’ai mal vécu ce week-end de tension. Mes antennes d’historien me disant rien de bon et l’inactivité m’ont poussé à me ruer quart d’heure par quart d’heure sur tout média qui bouge au sujet de l’Ukraine.  Je n’aime pas la mécanique poutinienne, je ne l’aime pas du tout, elle ne correspond en rien à ce que l’on peut attendre d’un dirigeant du XXIe siècle. Pourquoi cette partie de l’Europe est-elle encore dans l’alternance de guerres et de paix ?

Quelle est la situation : En Russie, un dirigeant vieillissant, qui a de plus en plus de mal à justifier son pouvoir sur une classe moyenne éduquée, au fait des exigences démocratiques et ne supportant plus la corruption. Ce digne héritier du KGB, offre une image virile et justifie son emprise autoritaire par la nécessité de restauration de l’état russe, plombé par la quasi-anarchie découlant de l’éclatement de l’URSS. Ce discours recycle tous les éléments de la fierté russe sans trop regarder d’où cela vient, dicature communiste, armée rouge, tsarisme, orthodoxie, panslavisme et chantage économique d’un pays riche en hydrocarbures sont exacerbés. Bref, on retrouve les ficelles d’un nationalisme … en difficulté, contraint d’aller de l’avant, sans se priver de faire jouer les armes. .  

russophones_pays_baltesQuel est le terrain : Une mosaïque minée d’interdépendances, de mélanges, d’histoires communes et antagonistes où le joug russe, à marée basse, laisse, de la Baltique au Pont Euxin, des milliers de russes, autant de pied-rouges potentiels prêts à s’embraser au moindre boutefeu. En regardant la carte, on voit des fortes minorités russes dans les pays Baltes, qu’il a fallu rassurer par un statut garanti par l’UE, dans l’enclave de Kaliningrad-Königsberg … avec un passeport particulier maintenant la fiction d’une continuité territoriale avec Moscou, une situation plus trouble encore en pleine Moldavie, une vallée industrielle, la Transnistrie, mince ruban coincé entre le Dniestr et l’Ukraine, où sont localisées les principales industries du pays et où la XVIe armée de la fédération de Russie s’est autoproclamée protectrice des lieux… avec le soutien effectif de la Russie.  Cette carte de l’Europe orientale est un jeu de go, avec un avantage net aux russes, où le Tsar Poutine, sur un point ou un autre du plateau, peut accentuer son effort et gagner de l’influence voire du terrain afin d’affirmer sa puissance sur la région, voire de reconstituer l’empire soviétique.

Sur ce point, nos histoires nous  ont appris deux manières de sortir de ce cycle…L’une n’est que brutale, par des transferts de population forcés, comme en 1945, plus un seul allemand dans les montagnes de Bohême, en Poméranie… ou comme l’ont planifiés les dirigeants de l’ex-Yougoslavie par l’épuration ethnique… Vous devinez que je n’apprécie pas le procédé. L’autre… par la diplomatie. On parle français en Italie, le Val d’Aoste, en Suisse, au Luxembourg et en Belgique. Il ne viendrait pas à l’idée de quelque homme politique raisonnable dans l’hexagone, de marteler que la France a le devoir de protéger les populations francophones… de l’autre côté des frontière, d’y préconiser l’intervantion des nos troupes. De Gaulle fut « limite » avec le « vive le Quebec libre », mais sans qu’aucun véritable militaire vienne soutenir le propos. Même le front National ne le dit pas, non pas parce qu’ils ne le pensent pas, c’est viscéralement nationaliste, c’est dans leurs tripes… mais que ce n’est pas du tout habile électoralement. Même chose pour La RFA, même chose pour la Suède vis-à-vis de la Finlande… et même chose désormais dans les Balkans où cette règle de souveraineté et de respect des langues minoritaires s’impose raisonnablement. Ne croyons pas que nous sommes vaccinés… Les dirigeants actuels de la Hongrie n’ont de cesse de se plaindre de la portion congrue donnée au territoire hongrois depuis 1919, s’ils n’osent réclamer officiellement c’est qu’ils sont contraints par le cadre européen, et qu’ils y ont trop à perdre de ne pas le respecter.

drapeau-europeen

Dans ce tableau, pour Vlad, l’occident est un ennemi  insidieux, qui introduit moulte perversions : l’Etat de droit, principe contraire à l’arbitraire et la corruption, la liberté d’opinion et d’expression, au goulag les Pussy Riot, voire, crime contre les valeurs viriles et le torse glabre de vlad’, une permissivité intolérable sur l’homosexualité.

Cet occident s’immisce… bel ennemi intérieur et extérieur, beau bouc émissaire pour tout nationaliste. Bel exemple à suivre toutefois. L’Union Européenne, même avec tous ces disfonctionnements actuels est le meilleur rempart contre des démons qui ne font que sommeiller chez nous.

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20 février 2014

des bibliothèques ouvertes pour ouvrir les esprits

ouvrbibliJ'ai assisté, comme une quarantaine des personnes venues de l'intercommunalité et du bassin de Cergy, à une conférence interessante lundi soir à Auvers, à l'invitation de J.P Becquet. Patrick Weil, président de BSF, Bibliothèque sans frontières, est venu nous exposer les buts de la pétition « Ouvrons + les bibliothèques ».

Selon le site de la pétition, "l'enjeu est de favoriser l’ouverture des bibliothèques en soirée, le weekend et pendant les vacances ; promouvoir la coordination locale afin d’offrir une continuité de services; associer les professionnels à la définition des modalités d’extension des horaires et respecter le métier de bibliothécaire; accorder des moyens suffisants et favoriser la réorganisation interne ; promouvoir l’ancrage des bibliothèques au cœur de la vie publique." Ce que j'ai entendu était beaucoup moins sec, illustré par des exemples vivants, l'attention, ainsi que l'interêt du public, fut vif. Parmi l'assitance, un beau nombre de professionnels du livre permit d'avoir des échanges fructueux de part et d'autre. A retenir en particulier, l'organisation en réseau des bibliothèques dans le Val d'OIse, expérience qui nous met dans les départements les plus avancés sur ce point.

 P Weil a mis l'accent sur le développement de la lecture en situation d'urgence. Un réfugié restant en moyenne 17 années dans un camp transitoire, l'accès à la culture est loin d'être un luxe. Concrétement ça se réalise à Haïti par des kit bibliothèques, que ce soient les petites "boîtes à histoire" ou des ensembles plus grands, une médiathèque tenant sur deux palettes, projet réalisé par Philippe Starck. Il a oublié de parler d'une autre catastrophe, oubli qu'il a regretté à la fin et dont il s'excuse auprès de tous... En Grande Bretagne, les bibliothèques publiques ont été sacrifiées dans les choix budgétaires dès l'installation du gouvernement conservateur dirigé par M Cameron. Le nombre de fermeture dépasse le millier. Et comment justifier un tel désastre culturel ? Par la baisse de fréquentation ... que l'on constate aussi de ce côté là de la Manche. Alors, pour tous les apprenants, qui ont besoin d'un lieu de référence et de travail individuel ou collectif, pour tous les actifs qui sont absorbés par leur horaire de travail, pour les familles qui peuvent se réunir autour de l'écrit et pour le lieu de vie que doivent être ces établissements, il est indispensable que les bibiothèques s'ouvrent plus longtemps et tous les jours. Je vous invite à signer la pétition... et à en parler autour de vous.

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22 décembre 2013

pas en sommeil, une simple mise en veille

Moins d'un billet par mois pour cette année, un état de quasi coma citoyen ? Un laisser-aller populiste suspect ? Un ras-le-bol ? Rien de tout ça. Il y a eu, en effet une mise en veilleuse du blog, due au constat du faible effet de ma parole une fois passé du coté du manche, et à la distance prise avec les affaires mérysiennes. Pourtant là, il y aurait de quoi commenter encore et encore, jipépé, comme prévu veut tout saborder, mais la droite, de son coté, n'est pas en reste, divisée comme il ne faudrait pas qu'elle le soit, même pas foutue de profiter pleinement de l'aubaine. L'élection municipale y sera "sportive".  Je souhaite que tous les partis de gauche, hormis le crépusculaire résidu chevénementiste, puisse ne pas trop pâtir de la fatwa d'un Jipépé qui ne sait même pas présenter des comptes de campagne corrects.

.panneaudroit1

Ce qui m'a le plus retenu de gloser, de manière générale, c'est ma volonté de ne pas rajouter de l'huile sur un brasier infernal entretenu par les critiques venues de partout. L'action d'une équipe gouvernementale que j'ai, par mon soutien, par mes voeux et par les posts publiés ici, souhaité la venue au pouvoir, me semble bien peu effective . La seule grande réussite que je peut mettre en avant c'est d'avoir presque réussi à contredire Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Nos ministres appliquent le principe suivant : il faut quelques petits changements millimétriques... afin que quasiment rien ne change. Les militants socialistes allemands qui viennent d'accepter le programme négocié avec Mme Märkel sont surement plus sûrs de l'influence de leur choix et de la détermination de leurs responsables que nous le sommes à l'intérieur du PS.

Qu'attend-on ? non, qu'attendent-ils, l'éclaircie conjoncturelle... et la pagaille à droite. Il se peut que ça marche, mais une victoire à la Pyrrhus est de triste augûre.

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