rahminiLa rafale de récompenses littéraires habituelle de la mi-novembre a une couleur particulière pour cette année 2008. Avec le Goncourt, décerné à l'auteur franco-afghan Atiq Rahimi, Le Renaudot pour le Guinéen Tierno Monénembo et le Renaudot du meilleur essais, attribué à Boris Cyrulnik, nous avons deux réfugiés politiques et un français dont toute la famille d'origine russo-polonaise a été exterminée pendant la seconde guerre Mondiale.

N'y a-t-il pas là un rappel à l'ordre sur la considération que l'on doit apporter à tout étranger qui demande à vivre en France ?

De juin 2007 à mai 2008 le ministère de l'immigration et d'une notion bien équivoquement connotée s'enorgueillit d'avoir délivré 9515 statuts de réfugiés. Ce chiffre doit être recoupé avec le cri d'alarme d'un programme européen de supervision des politiques de sécurité et de liberté,  qui, en 2006, annonçait qu'un nombre d'accords inférieur à 10000 serait le signe que la France a choisi de tourner le dos à l'asile. Le nombre de demandeurs baisse certes, mais cela est dû à la surveillance accrue des frontières européennes où les étrangers sont refoulés avant même qu'une procédure puisse être initiée.

Alors que Monsieur Hortefeux s'amuse à faire une provocation imbécile en organisant un sommet des ministres européens concernés par l'immigration à Vichy, il convient quand même de se renseigner vraiment sur les effets de cette politique restrictive de quotas, de toutes les tragédies qu'elle engendre et de toutes les richesses que la France méprise, ignore et repousse.