La double nationalité s'immisce dans le débat, ce point n'avait jamais été dénoncé depuis les années 30. Dans ce document de travail très élaboré, les argumentations développées recoupent celles des nationalistes étroits retranchés dans leur fort Chabrol héxagonal, celle d’une fin de XIXeme siècle  bercées au son de Déroulède et l’on sent des remugles des années 1930 et 40. Avec eux, on aurait hérité d'un pays moustachu et chevelu de 25 millions de gaulois . La première justification émise par ces angoissés passéistes serait qu’on ne pourrait jamais faire confiance à ces population bigarrées au cas où … Et que proposent-ils ces députés ? Selon le projet de rapport de la mission d’information sur le droit de la nationalité en France, il s’agirait d’«exiger» des personnes nées en France de parents étrangers nés à l’étranger «qu’elles choisissent entre la nationalité française et leur(s) nationalité(s) étrangère(s)» lors de leur demande de naturalisation.  Autre perle : «subordonner l’acquisition de la nationalité française […] à la renonciation expresse du déclarant ou du candidat à sa ou ses nationalité(s) étrangère(s)».

Enfin pour tous ceux qui seraient concernés,  « l’obligation de déclarer les appartenances nationales multiples». Donc il faudrait constituer un fichier spécifique, une sorte de Carnet A ou B*, pour des millions de citoyens … toujours au cas où….

Bon sang, on est en 2011 ou un siècle auparavant ? On peut envisager la bi nationalité comme une chance pour la France. Dans un pays d’immigration comme le notre depuis près de deux siècle, avec notre spécificité républicaine, dans ce XIXeme(oops, coquille : XXI)  siècle où nous sommes, nous pouvons trouver une approche où l’individu soit le plus possible respecté dans une société démocratique. C’est ce sens que peut être restaurée une expression qui a perdu de son lustre : « France, pays des Droits de l’Homme »