Église_Saint-Quentin_à_ValmondoisDans mon petit fond de vallée, le clocher couvert d'ardoise tinte les heures et carillonne les quelques moments de culte qui s'y célébrent. Pas étonnant donc que je retrouve régulièrement dans ma boite au lettre un petit bulletin polyparoissial que je ne peux pas parcourir d'un regard distrait. Je ne sais pas qui sont ces gens, mais je les plains. Ils portent les séquelles d'un traumatisme qui a eu lieu il y a plus de 225 ans. Dans chaque brochure, on retrouve une illustration des multiples méfaits de la Révolution Française, toujours dans un registre larmoyant. Dans la dernière livraison, numéro 76, le premier billet, petit exercice de style voulant illustrer l'immuable permanence du catholicisme, fait une chronologie subjective, et très partiale, des changements opérés pendant cette époque. On est là dans un registre faussement soft. J'y ai lu bien pire. Souvent on retrouve un martyrologue bien sanglant où la guillotine a une bonne place. Faussement car l'essentiel y est dit... Je résume le propos de M Lecomte : en 1789 nous sommes passés d'une société cléricale à un pouvoir laïc, pas du tout démocratique au départ, avec  des Bonaparte se servant de l'Eglise comme un auxiliaire utile. Une page plus loin, je retrouve troussé, dans la continuité du premier papier, un argumentaire, n'ayons pas peur des mots, honnêtement foireux, défendant la dîme d'un côté et protestant de l'autre -je ne parle pas de religion- contre notre époque où "nous... travaillons la moitié de l'année pour l'Etat"). Rajoutons simplement que l'espérance de vie de cette si belle période n'atteignait pas 32 ans, et ce, sans aucun massacre, ni de septembre, ni de Wassy, ni de la Saint Barthélémy... Les impôts contre lesquel bougonnent ces gens englobent toutes les cotisations sociales.

Desfois, en ressortant de la lecture de ce livret, j'ai l'impression que le secteur paroissial du Sausseron est une reserve naturelle d'une espèce vraiment en disparition. Je suis convaincu de son utilité ethnographique. En revanche, je voudrais pas penser que tous les catholiques de cette vallée soient aussi... rances, j'en serais bien affligé.