financialtimes061005Le "french bashing" a trouvé une nouvelle occasion de se repaître. L'image de ces pauvres cadres, qui n'ont perdu ni leur dignité, ni leur cravate, honneur et rang sont saufs, fait le tour de la presse mondiale ce 6 octobre 2015. Tout juste rescapés d'un lynchage! Quel débordement ! Quelle violence! Quelles brutes ces français, conclut-on rapidement, quand le regard furtif télescope cette image. Mais de quoi est-il question ? De l'annonce d'un nouveau plan de suppression d'emplois, après d'autres plans qui avaient demandé des sacrifices chez tout le personnel d'Air France. C'est vrai, 2900 postes supprimés, ça devrait passer tout seul, de là dépend la vie de l'entreprise dit-on. Ce n'est pas raisonnable de se laisser emporter par une émotion qui n'a pas lieu d'être. C'est la loi du business, et si tu rechignes, renacles, exploses, ça n'y fait rien, c'est ainsi ... et tu as de la chance de ne pas travailler pour Qatar Aiways, car dans ce cas, c'est la prison...

Quelle perversion de la communication, quel retournement de situation, à quelle arnaque journalistique assistons nous. On est devant une "course à l'échalote" qui s'est honorablement conclue finalement, pas de passage à tabac, pas de sang, pas d'écchimose, une exfiltration rondement menée juste le temps de saisir l'événement pour diffuser l'image qu'on voit et revoit. On a connu des rudoiement plus catastrophiques. Oui, au XXIe siècle, on a oublié un peu qu'il existait des luttes sociales. Nous avons là un débordement à l'échelle de la tension accumulée dans cette entreprise, et alors, pas de quoi en faire un plat ... Finalement, il est dommage que celà n'ait pas lieu plus souvent, et que cela touche pas les véritables acteurs du malheur de salariés victimes de ce genre de décision. Si la menace de se retrouver en caleçon, secoué par une foule menaçante, dans une ambiance sonore peu confortable, avait une quelconque chance de se réaliser, les actionnaires ne seraient pas si gourmands et consentiraient à ce qu'une meilleure partie des profits aillent au personnel. Ils y gagneraient même je pense, il y aurait plus de consommateurs... même si je ne souscris pas totalement à ce schéma consummériste. Regardez cette vidéo, diffusez là...

 

 Seulement voilà, la dissuasion ne va toucher que les criminels de bureau, les executants de décisions qu'il n'ont pas prises, un DRH n'est que le gestionnaire technique du troupeau humain. Ce petit épisode, ne vaut  pas l'audience qu'on lui prête, si on se cantonne à l'indignation de bon bourgeois, en revanche, si elle pouvait servir d'exemple....