3531422lpw_3531570_macron_lecanuet_jpg_3479439Lecanuet, presque personne ne s'en souvient, mais son aura réémerge et influence grandement le temps présent. Il y a beaucoup de coïncidences entre le chrétien démocrate, qui a fait vaciller le "grand Charles" en 1965, et le troublion Macron, venu du coeur du pouvoir et d'outre-politique.

Et c'est bien là le problème. Opposant, Lecanuet incarnait la modernité, le pragmatisme et le partage, valeurs centristes et généreuses. Quand il a accèdé au pouvoir, ministre de Giscard, ce fut tout autre chose, il fut conservateur, très droitier et peu enclin au progressisme. Et pourtant il n'a en aucun cas renié son camp et ses valeurs politiques. Coté face, l'espoir d'un renouveau, coté pile, un rivetage conservateur l'amenant logiquement à être de plus en plus droitier.

52 ans plus tard, la voie est toute tracée, Macron serait surhumain s'il sortait de ce tracé profond. Honnetement, je soulignerai la performance si, dans deux ou trois ans, il le fait. Je pense plutôt qu'il sera à l'image de Giscard. Face au pouvoir, le vernis moderniste s'écaille vite en politique. Et Macron, s'il est en dehors du sérail, ne dispose pas d'un parti politique structuré, son pouvoir est suspendu à des legislatives dont on ne sait quelle majorité en sortira. D'ici à ce qu'il soit coincé par des négociations douloureuses, il n'y a qu'un pas.

Donc c'est avec très peu de joie et d'illusion que je vais voter pour Macron, et que je m'opposerai à lui pour tout ce qui ne va pas dans le sens du progrès.