04 novembre 2009
identité nationale, un rien nauséabond
Avec tout le tintamarre sur la question... et un zeste d'intérêt personnel, je suis allé jeter un oeil sur la vitrine
de Môssieur Besson. Les questions proposées ne laissent pas d'équivoque, pas un mot sur la citoyenneté, aucune mention de valeurs démocratiques et émancipatrices, pas une valeur humaniste, mais un martellement du mot National et français. Plein d'indices qui mettent la puce à l'oreille de plus d'un féru d'histoire.
Les guest-star qui s'expriment, Fillon, Copé et Arno Klarsfeld, ne représentent que de l'allégeance à Sarkozy. Enfin la grande majorité des avis filtrés par les fonctionnaires de l'identité nationale (ne trouvez vous pas que le nom de cette administration fait très "rétro") sentent..- je veux être gentil cette fois- le bleu horizon des zinc du café du commerce.
Si ce n'était qu'une mascarade ce serait simplement risible, mais au fond c'est tragique. A jongler ainsi avec de la matière brune, en être éclaboussé, comme là, n'est que le plus petit dommage, le risque le plus sûr, c'est d'en être submergé. Il y a danger dans cette entreprise, voilà pourquoi il faut non seulement s'abstenir d'y collaborer, mais y résister en la combattant.
Si L'État pose ce genre de question, il montre qu'il tourne le dos aux valeurs républicaines essentielles. Je comprends maintenant pourquoi notre devise parait tout pâle sur ce site, elle ferait tache, elle s'évanouit.
26 octobre 2009
diversion en terrain fangeux
Le "Caïus détritus" du gouvernement, le très deshonorable Eric Besson ne trouve rien de mieux que d'annoncer "un grand débat" sur l'identité nationale... Il n'a rien de mieux à faire le traite de service ? Qui va donc se rendre dans les préfectures pour s'épancher à ce propos, pas moi. Les aigris seront plus enclins à se déplacer que le tout-venant... Il existe bien d'autres défouloirs, des tribunes de stade par esemple, nous en trouverons tous. Mais pour faire le point sur la question, le procédé proposé est bien léger, à moins qu'on veuille vraiment faire dans le genre démago...
Môsieur Pasqua, quintescence de l'honnéteté... intellectuelle, avait, en son temps, organisé une bien belle chose. Il avait réunit une commission de sages sur la nationalité, dont les conclusions ont été empreintes d'une acuité reconnue de tous, et avec lesquelles il s'est torché pour faire voter une loi abjecte sur laquelle on est revenu depuis (merci Jospin).
Une belle construction n'avait pu empêcher d'inventer des lois ineptes et imbéciles. Le monsieur pire du gouvernement va surement nous étonner dans ce registre... A quoi cela va-t-il aboutir, mes pronostics sont très, très sombres. Il y a des relents de "reconstruction nationale" qui fleurent bon la pastille Vichy.
Notre conception de la nation c'est construite avec et contre la France, comme dans les guerres coloniales, avec et contre l'état, La Commune et l'affaire Dreyfus, ça vous dit quelque chose et sempiternellement contre le nationalisme, d'où cet l'équilibre paradoxal entre fierté nationale et répulsion du nationalisme. Gardons cet échafaudage complexe et subtil de distance et de retenue. Surtout, que l'État ne se mette pas dans la tête de nous gaver, et surtout les plus jeunes, de marques extérieures de patriotisme chauvin. Ce n'est pas ainsi qu'on apprend à aimer la France, tout au contraire.
24 septembre 2009
Un coup fourré que l'on voit venir
L'annonce de la disparition de la défenseure des enfants dans le cadre d'une réforme qui sera bientôt présentée au vote des députés me fait hérisser le poil. Non seulement le fourre-tout à venir, qui mêlerait médiateur, atteintes aux droits fondamentaux, déontologie policières et, à la rigueur, droits des enfants à tout l'air d'être une machinerie de façade. Ces institutions se sont toutes illustrées par leurs actions à l'encontre des initiatives encouragées par le gouvernement, tant sur le plan de la répression que sur celui de la chasse aux clandestins. Quand on voit la conception sarkozienne du droit, ou l'ingérance du pouvoir exécutif sur la justice est de plus en plus notoire, le titulaire de cette charge sera pourvu d'un superbe... silencieux.
Je vous indique l'adresse d'une pétition en ligne. Au moment où je l'ai rejointe, il y avait plus de 17000 noms.
L'album qui illustre ce billet ne présente vraiment qu'un aspect de la défense des droits des enfants, mais on peut déjà le consulter....
14 septembre 2009
tous à son poste pour la poste
Le 3 octobre le collectif national de mobilisation contre la privatisation de La Poste organise une votation
nationale contre la privatisation. Ce collectif regroupe l’ensemble des partis de gauche, les syndicats ainsi que les associations d’usagers. Le gouvernent fait passer la privatisation en force, il ne veut absolument pas tenir compte de l'opposition de la grande majorité des citoyens qui refusent d'abandonner ce service public aux intérêts uniquement marchands. Ce grand nombre de citoyens doit pouvoir se faire entendre. Faute de pouvoir le faire par référendum, chose que l'UMP refuse, la "votation citoyenne" mise en place doit recueillir le plus grand écho.
A Méry, les partis de gauche ont décidé de participer à cette journée de consultation. elle se tiendra aux alentours de la poste. Les socialistes y participeront activement..
28 août 2009
mes sincères marques de sympathie
Notre prince député a manqué, de peu, de gravir un échelon important pour sa carrière, de quoi éclipser son glorieux papa. Je copie les dépêches du "monde" concernant ce "couac : "Les services du Premier ministre ont diffusé vendredi par erreur sur
leur site internet des informations suggérant la nomination, attendue
depuis des semaines, de trois nouveaux secrétaire d'Etat, avant de les
en retirer rapidement, a-t-on appris auprès de Matignon.
Ce "couac" a pour origine une "erreur de manipulation" de la part d'un des employés du service d'information du gouvernement (SIG). Il a malencontreusement stocké dans la rubrique "plan du site" de la page web du gouvernement des notes qu'il destinait à ses archives personnelles, a-t-on expliqué, confirmant une information diffusée par France-Info.
Ces notes, qui faisaient état de l'arrivée dans l'équipe de François Fillon du porte-parole adjoint de l'UMP Frédéric Lefebvre, du député UMP Ladislas (sic- en réalité c'est Axel) Poniatowski et du président PRG du conseil général de Haute-Corse Paul Giaccobi, sont restées postées "deux à trois heures" vendredi après-midi, avant d'être effacées, selon la même source.
Elles n'ont "à aucun moment" été visibles sur la page d'ouverture du site, a-t-on ajouté.(hum)
Il s'agissait "d'informations de presse" et non pas d'une quelconque information officielle destinée à être publiée ultérieurement, a également tenu à préciser Matignon.
Attendue depuis le mois de juillet, la nomination d'une poignée de secrétaires d'Etat pour compléter le gouvernement alimente depuis des semaines les rumeurs et les informations de presse mais n'a toujours pas eu lieu.
Je résume, notre "prince député" fait partie des ministrables.. peut être doit-on cet honneur à l'admirable façon dont il a contribué à la réception de Monsieur Khadafi, cet hôte si recommendable....
27 juillet 2009
Nicolas Karoshi
Un quinquagénaire imprudent a réussi à éclipser l'arrivée du tour de France dans les médias. Peut-être l'a-t-il fait exprès, mais, par charité, nous allons éliminer cette probabilité pourtant significative. Donc nous allons reprendre le scénario officiel : un joggueur inexpérimenté a eu un sérieux coup de pompe, ce dimanche, au bord du grand canal dans le parc du château de Versailles. Tous les professionnels vous le diront, un sportif du dimanche ne doit pas exercer une activité intense aux heures les plus chaudes en été... Mais Nicolas Karoshi doit se montrer... et en soirée, il y a moins de témoins..
Cependant cet incident nous dit bien des choses, bien plus que cette simple anecdote.
Pour N Karoshi, l'activité physique n'est qu'un reflet de son rapport général avec le monde. Il faut être vu, s'afficher, s'activer, travailler, pour lui, vivre, c'est bouger, trimer, bosser.... Au lieu de profiter d'une belle journée de repos, de musarder, de faire une sieste, voire de profiter de la vie, comme il en a le droit, il fait un tour en trottant, d'un pas pesant qui trahit son amateurisme sportif, avec une cohorte de gardes du corps, pourvu qu'on voie bien s'étaler les auréoles de sueur sur son t-shirt surdimensionné... Le pire, c'est ce qu'il s'impose, pour lui tout seul, devient progressivement, une norme pour tous : fin des 35 heures, travail le dimanche, retraite reportée aux calendes grecques... Les japonais, qui ne sont pas des manchots, connaissent les limites de cette attitude, Le karoshi, comme écrit sous vos yeux, mort par surdose de travail. Chers nippons, on a trouvé un dirigeant à votre mesure...même s'il n'aime pas le Sumo, on veut bien vous l'expédier..
10 juillet 2009
un coup de massue pour faire passer le coût...
Tiens, voilà que le big boss d'EDF, tel monsieur Burns des "Simpsons", annonce son désir d'augmenter le prix de l'électricité de 20%. Notre entreprise nationale, qui a mobilisé les efforts de tous pour reconstruire et moderniser notre pays, devient une vulgaire fontaine à fric.
Cette déclaration venue du fond d'un cerveau ultra libéral me fait réagir sur ces points.
1) Notre entreprise nationale doit rester un bien collectif, pour plusieurs raisons. La première est historique. L'emprise sur les espaces est trop importante. Les habitants en colère des villages détruits pour le barrage de Serre-Ponçon ont connu une véritable occupation policière au nom de l'intérêt public... Celui-ci doit le rester pour toutes les installations. La seconde est raisonnée. Barrages, centrales nucléaires et autre dispositifs dangereux doivent être entretenus en fonction des citoyens.. et non des actionnaires.
2) Il faut tordre le cou à ces calculs imbéciles liés à la religion du profit immédiat. Le prix de l'électricité fournie en France est plus bas qu'ailleurs ? Oui, en raison du parc nucléaire... c'est purement une question de coût de revient à la production. Alors Pierre Gadonneix, grand manitou du génie atomique, décide de s'aligner sur ses concurrents, par le haut... Cette logique ne fonctionne que dans ce sens, on a vu le prix du gaz être lié à celui du pétrole, mais on ne verra pas les salaires d'un producteur d'énergie d'un point du monde s'aligner sur le pays qui paie le mieux son personnel.
3) Devinez qui va payer.... et cher ? Ceux qui ne peuvent pas peser sur la concurrence.. et comme l'électricité fait partie des "dépenses contraintes" difficilement compressibles, il ne peut pas trop y avoir d'évasion... alors, quand on est un grand patron digne de ce nom... pourquoi ne pas profiter de l'aubaine. La nasse est peine, puisons sans vergogne.
4) 20%, mazette ! Là, nous entrons dans une stratégie de communication en vogue actuellement. Annoncer que ça va faire mal pour nous acclimater à la douleur... On connait ça, retraite à 67 ans, taxe carbone, réforme hospitalière... etc. Un tel patron ne peut pas se lancer dans une telle provocation sans avoir anticipé les réactions... ça sent le "coût fourré" On sera tout content d'un 15%...
La pire des nouvelles : Sarkozy a des clônes maintenant...
15 juin 2009
67 ans, et puis quoi encore
Le monstre sarkozien est sorti du frigo où il s'était planqué le temps d'une campagne électorale. Il se profile maintenant une retraite à 67 ans, balancée sous le ton de l'évidence, à tel point qu'on pourrait croire que
c'est déjà acté. Le prétexte : un déficit spectaculaire des comptes sociaux, et voilà que s'avance l'artillerie lourde libérale faisant payer aux salariés les décisions catastrophiques les déductions de charges, heures sup' et autres faveurs pour les employeurs. Mais la France de Nicolas comporte deux mondes, celui qui bénéficie des cadeaux et celui qui les paient, au centuple. Les plus grandes victimes de ce jour, les quelques bénéficiaires d'heures supplémentaires, ils travailleront jusqu'à 67 ans pour recouvrer une retraite qu'ils n'auront pas financé, car bénéficiant du paquet fiscal qui, en réalité, sacralise ces heures sup' au black .
De plus on nous met en mire d'autres pays européens, comme l'Allemagne, mais leur démographie est beaucoup moins dynamique que la France. Il n'y a vraiment pas à jouer avec cette limite d'âge, surtout quand on sait qu'il est très difficile pour des jeunes d'entrer dans la vie professionnelle.
Pour parler des retraites, Monsier Fillon dit "pas de tabou". Cela me glace le sang... cette expression me fait toujours penser à Fourniret... Il y a bien des interdictions, des points intangibles et fermes, des balises immuables : les principes même de la solidarité sociale. Mais ces mots sont bien étrangers quand on navigue entre Auteuil et Neuilly.
27 mai 2009
fausse bonne idée
fouiné parmi les blogs, cette remarque qui valorise un petit point du programme UMP pour les européennes :"
“Editer un manuel d’histoire européen pour permettre aux jeunes générations de mieux s’approprier ce bagage collectif”
Cela ne peut que m'inquiéter. L'idée n'est pas si mauvaise mais je pressens que la forme est pleine de vices.
Son application risque de se trouver dans le cadre du changement
imperceptible et profond en cours qui relègue la légende nationale aux
oubliettes. J’ai déjà remarqué la disparition récente d’inscriptions
dramatiques sur des monuments aux morts comme par exemple à Haybes,
dans les Ardennes, on lit encore la trace de ces mots : à nos héros et
nos martyrs. Sur ce point va bientôt se mettre au niveau des Alsaciens
avec cette formule lapidaire : à nos morts, euphémisme qui n’a aucun sens
sinon de taire la raison pour laquelle de tels évènements ont eu lieu. Il faut bien tenir compte de la dimension diachronique de l'histoire, se souvenir de ce qui a été fait à un moment donné n'implique pas qu'on souhaite revivre ces épisodes.
L’enseignement de l’histoire dans les lycées est déjà amputée des
révolutions sociales… la Commune de Paris passant à la trappe de la
majorité des classes de lycée, voilà qu’on propose un Gloubi Boulga
européen, politiquement correct comme il se doit.
Laissons là ce vœu cucu-gnangnan, instruisons nous de ce qui nous a
séparé pour éviter la réitération de ces évènements. Mais surtout que
rien ne nous interdise ni de parler de Boches quand les Allemands le
sont, ni de chanter “et merde pour le roi d’Angleterre qui nous a
déclaré la guerre”. On ne nous demande certes pas de gommer les monuments symboliques de la France combattante, voire impériale, mais si l'on continue, les fresques qu'on y verra n'auront plus de sens. Voilà l'angoisse.
Faire l’Europe ne signifie pas castrer les nations et surtout pas travestir l'histoire.
26 mai 2009
"au boulot bande de faignasses"
Nous respirons l'air de la Sarkolande à pleins poumons, on devrait y être habitués. La dernière bouffée n'a pas pu passer pourtant. Frederic Lefebvre, l'Assurancetourix de l'Élysée, s'est attaqué hardiment aux congés maladie. Sous prétexte que le télétravail permet à des employés immobilisés d'être disponibles devant un clavier, voici qu'un amendement ouvrait un nouveau front dans la bataille de la régression sociale.
La réaction fut prompte de partout, le parti socialiste a bien tenu sa place aux cotés des syndicats. On sait tout ce qu'il peut y avoir de forcé sous l'appellation de volontaire, quand la loi n'accomplit pas sa tâche de protection en interdisant les abus. Sous le feu des critiques de bon sens, l'UMP a tenté de botter en touche, puis, en fin de journée le gouvernement a sonné la retraite... en attendant la prochaine offensive.
La protection sociale n'est pas seulement un bouclier individuel, elle est aussi faite pour l'interêt de tous. Une population saine au potentiel optimal doit pouvoir bénéficier totalement de son repos quand sa santé vacille ou quand elle se consacre à la maternité et à la paternité.
Les Ténardiers de l'UMP et autres masochistes du travail n'ont pas à donner de leçon de conscience professionnelle. Avoir une main d'oeuvre en bonne santé est loin d'être improductif.
