11 septembre 2009
TAXE carbone
Petit changement dans la démarche. Je m'essaie un peu plus de me dégager des éléments superficiels. La Taxe carbone est loin d'en être un.
C'est bien une taxe, et pas du tout un élément d'une politique cohérente pour réduire la production des gaz à effets de serre. Le pire, et on ne l'a pas souligné, c'est que ce nouvel impôt obéit aux principes d'airain du libéralisme économique : Selon le gouvernement, c'est un impôt nouveau qui ne doit pas voir croître la masse des impots perçus par l'état. Donc la taxe professionnelle devrait diminuer d'autant. En résumé : je pique dans les poches des collectivités locales pour afficher une priorité environnementale de façade et, en fin de compte, redistribuer à l'aveuglette quelques miettes pour faire semblant de répondre au mécontentement. Personne ne s'y retrouve.
Il faut une réforme fiscale de fond, obéissant aux urgences actuelles : opérer une redistribution sociale, recadrer rigoureusement les milieux financiers en les dissuadant de tricher et encourager le développement d'un comportement environnemental dans l'ensemble de l'activité du pays, mais cela doit être fait en ayant réellement intégré l'air du temps. On ne peut pas valider les bonnes méthodes de calcul du méridien terrestre en continuant de penser que la terre est plate. On ne peut pas répondre justement aux crises actuelles en restant viscéralement ultra-libéral. Face aux tempêtes, Sarkozy bricole avec un opportunisme indéniable, mais sa feuille de route est toujours dans sa poche, elle est jaunie, tout le monde sait qu'elle est fausse, mais il ne varie pas de cap.
20 décembre 2008
l'antidiscrimination, derrière la façade
Le 18 décembre, le Président à talonnette a ré-annoncé (c'était pas frais du tout, Chirac avait fait de même) l'établissement d'un seuil minimum de 30% de boursiers dans les classes préparatoires. Les établissement les plus prestigieux ont certes déjà obéi, preservant tout de même leurs joyaux en créant une prépa annexe de mise à niveau, comme Henri IV à Paris. Ensuite une série de mesurettes ont été détaillées, presque toutes portant sur l'école.... comme si c'était elle qui créait la misère sociale. C'est là qu'il faut porter le regard. Ce qu'envisage le président c'est de faire miroiter une dynamique individuelle, sur deux générations, comme solution aux problèmes concentrés dans les quartier défavorisés. Si un jeune intègre normale sup' ou Polytechnique, il ne reviendra pas sur la dalle, d'autres reprendront
le rôle de racaille à kärsheriser. La République y gagnerait peut être quelques représentants issus de classes populaires parmi ses élites. Mais ils ne seraient que des nouveaux janissaires, ces chrétiens enlevés enfants par le pouvoir ottoman, formant les troupes les plus fidèles des sultans. Les généraux français de la première guerre mondiale ont été grandement recrutés par un système équivalent, grand nombre d'entre eux étaient fils de paysans. Ils n'ont pas hésité à envoyer, en pure perte, des dizaines de milliers de paysans se faire tuer inutilement.
Bref cette mesure n'est qu'un habillement, il est plus facile de faire plus ou moins plier les directeurs de prépas que d'appliquer fermement et efficacement le quota de 20% de logement social qui n'est pas respecté par 44% des communes (dont la notre, 17%)
Et puis voila que je lis la double page du prince-député. Il fait la promotion des prêts étudiant. Première remarque, ne sait-il pas que les citoyens américains ont initié la crise parce que, perclus de dettes, ils sont arrivés au bout de leurs possibilités ? Il est magnifique, et consternant, de voir entonner le refrain "endettez vous, endettez vous" par un responsable politique de nos jours. Mais ce n'est pas inconsciemment qu'Axel P. a mis cette promotion en une de son tract. Le nombre de familles pouvant prétendre aux bourses ayant spectaculairement baissé. Comme la base de calcul est le revenu net imposable, et que désormais l'abattement de 20% est supprimé, beau nombre de familles sont désormais au-dessus du seuil, sans voir leur situation s'améliorer pour autant. Ainsi, sur Méry, le nombre de boursiers est passé de 50 à 20. Quelle majorité politique a validé cette mesure ?
Maintenant je récapitule le tout : Vous êtes pauvre, vivez dans un quartier pourri, votre enfant peut, avoir accès aux filières prestigieuses par l'escalier de service. Mais gardez-vous de gagner un tant soi peu plus, sinon, il ne vous retera plus qu'à rentrer dans la spirale du surendettement comme vous y invite le prince-député. Et il faudrait dire "merci Nicolas" en plus ?
30 octobre 2008
Ne pas confondre histoire et endoctrinement
Monsieur Darcos n'en rate pas une. Ce n'est pas un hasard s'il fait partie de la garde rapprochée sarkozienne. Sa mission consiste non seulement à organiser un enseignement public low coast, mais aussi d'en profiter pour reprogrammer les français, peuple trop bouillonnant, râleur et parfois trop généreux, donc trop dangereux pour certains, pour qui patrimoine correspond surtout à bénéfices financiers, qui ne veulent surtout pas les voir redistribués pour des pouilleux.
Dans cette entreprise méthodique, et voulant plaire à une cohorte de députés conservateurs, Mister Dark a évoqué la possibilité de soumettre les programmes d'histoire au vote des parlementaires... Pourquoi l'histoire plutot que tout autre discipline ? Pour bien des raisons.
Déjà, à plusieurs reprises, les initiatives présidentielles en matière instrumentalisation de l'histoire se sont heurtées à l'ensemble des professionnels concernés, qu'ils soient pédagogue (choix inepte et traumatisant d'associer un enfant de 10 ans à une victime de la Shoah du même âge) où scientifique (la lecture de la lettre de Guy Moquet est tout sauf un élément de réflexion). De plus, il y a erreur VOLONTAIRE sur le but même de l'enseignement de l'histoire. Pour le clan Sarkozy, il s'agit de l'inculcation, (traduction : de la programmation des esprits pour en faire de bons petits citoyens ... comme les élèves de St Dominique, école privée huppée de Neuilly, qui ont lu la lettre de Guy Mocquet le jour de l'intronisation de Nico ). Pour l'ensemble des enseignants, il s'agit de donner aux élèves les moyens de réflexion, de recul sur le passé, de comprendre, déceler et expliquer les subjectivités. Bref exercer un esprit critique sur le passé pour mieux comprendre le présent...
Mais là, esprit critique et programmation sont fondamentalement contradictoires ; au fait, des deux démarches, laquelle fait confiance au libre arbitre ? Laquelle se rapproche du ministère de la vérité décrit par Orwell dans 1984 ?
07 octobre 2008
Bouclier bien mal ajusté
Le RSA semble une moyenne bonne idée. Le danger que la trappe de la pauvreté se referme définitivement pour les salariés qui pourraient en bénéficier n'est absolument pas exclu. Ce qui est scandaleux en revanche c'est l'inégalité face au financement envisagé pour mettre en place cette mesure... Pas question de toucher au "bouclier fiscal" dit-on à l'UMP.
Savez vous que des contribuables "disposant de plus de 41 982 euros (soit 2 242 foyers)
se sont partagés 83 % des sommes reversées par l'administration, soit
un remboursement moyen de 84 700 euros. 671 contribuables fortunés
(disposant d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros) ont
touché une somme moyenne de 231 900 euros, certains d'entre eux avaient
acquitté moins de 50 euros d'impôt sur le revenu et 27 avait déclaré un revenu imposable inférieur au Smic" (source yahoo) ?
Il y a méprise sur le mot, un bouclier, chez nous, cela doit protéger la veuve et l'orphelin, le faible contre les forts.A l'UMP, on peut répondre que c'est toute une petite confusion, ce n'est pas tout à fait un bouclier, c'est un pavois.
12 septembre 2008
je n'avais pas besoin de cet exemple
Bilan globalement satisfaisant...Hier, tumeur retirée entièrement, visiblement pas maligne,
quelques dégâts, ils avaient été annoncés, ils restent dans la mesure du supportable. OUF... bonne étape.
Cette tuile personnelle, familiale, me conforte dans mon combat pour le maintien de l'état d'esprit dans lequel notre société française considère la santé publique. Voilà une urgence subite, nécessitant de couteux moyens de diagnostic, mobilisant un personnel on ne peu plus compétent, de niveau international, pour une jeune femme sans mutuelle... Ces considérations n'ont aucunement été prises en compte dans les décisions médicales et C'EST NORMAL EN FRANCE ACTUELLEMENT.
Je me battrai férocement pour qu'il en soit toujours ainsi, ce n'est pas du conservatisme, c'est la seule voie qui vaille la peine.
Grand merci pour tous ceux qui m'ont gentillement témoigné leur soutien...