02 décembre 2008
une réciproque difficile à digérer
"L'armée n'a pas la vocation à faire de l'aménagement du territoire" Monsieur Morin, ministre de la défense avait tranché, droit dans ses bottes. Une fois la liste des restructurations et des régiments dissouts publiée, toute une partie de la France s'est trouvée dévastée par la fermeture de bases, d'implantations et de casernes. Dans l'agglomération parisienne, la fermeture de Taverny n'aura pas trop d'impact, mais dans l'Est de la France, grand territoire de garnison, c'est une véritable catastrophe. Pour chaque militaire qui part, ce sont près de deux emplois induits qui disparaissent. Devant la mobilisation de tous les élus lorrains, toutes couleurs politiques confondues, Monsieur le "décomplexé tous azimuths" a sorti une pochade "pourquoi ne pas demander à nos voisins de s'installer dans ces bâtiments vides ?". Les élus sont revenus très perplexes, de cet entretien avec M.Sarkozy, blessés de cette parole lancée à la cantonade. Kennen sie unseren Nachbachn ? On a fait une série de guerres, perdu 2 millions de morts pour les en chasser et voila qu'on leur déploie un tapis rouge... même à deux générations de distance, cela fait mal. A moi aussi, qui vient de l'Est de la France.
Ne pas tenir compte des souffrances et de l'attachement particulier de ces régions aux symboles de la souveraineté nationale est d'une ignorance crasse et atteste du mépris complet du Président de la République face à des héritages autres que monnayables.
Malgré nous et malgré tout, ce sera fait, en y mettant un peu les formes. Le gouvernement allemand vient de donner son accord de principe, la brigade franco-allemande aura des troupes de la Bundeswehr installées en France. Alors, Strassburg oder Metz ? Älsass oder Lötringen ? Tout ça, non pas par conviction européenne mais pour simplement pour compenser les trous béants laissées dans les économies locales.
Les seuls lieux qui, pour moi, seraient indiqués pour un casernement de ce type sont Crécy et Azincourt. Diplomatiquement c'est imparable. On évacue tout contentieux Germano-Français, et on reste symboliquement dans la ligne tracée par le général de Gaulle... Si l'on se met à accueillir de la même façon des troupes britanniques, je suggère, faute de Fontenoy, Calais ou Orléans.
26 août 2008
ruban jaune
La rentrée est brutale. Le monde actuel est loin d'être un long fleuve tranquille, et, même sur les rives paisibles de l'Oise, on ne peut pas l'ignorer. Je n'avais pas imaginé mettre un ruban jaune sur mon blog pour témoigner ma solidarité envers les militaires français et leur proches.
Dans les montagnes de l'Afghanistan, 10 jeunes soldats français ont été tués, 21 blessés dans une embuscade. De tels évènements n'ont plus touché les français depuis la guerre d'Algérie... A une pléthore de questions ne répond que des informations, au minimum partielles, le plus souvent affligeantes.
Pourquoi sont-ils là-bas ?
- Protéger la France ? Foutaise... Renforcer la présence de l'armée française en Afghanistan est une décision prise pour soulager les Etats-Unis et l'Otan, dont les 70000 hommes sur place, ne "tiennent" pas le pays. Le Canada, pays de tradition pacifiste, a perdu près de 100 hommes depuis 2002
- Soutenir le pouvoir afghan ? Le président Hamid Karzaï ne contrôle à peine que son palais à Kaboul
- Défendre la civilisation ? Les armées occidentales sont là depuis 7 ans, après avoir écrasé les Talibans, elles font face à une guérilla de plus en plus puissante. C'est que ce sont désormais eux les "méchants", les occupants. le nationalisme renforce le camp des Talibans, ils redeviennent des "résistants".
toutes ces réponses n'aboutissent qu'à une seule et même question... comment s'en sortir ? Peut-être en tenant compte vraiment de la question tribale pachtoune... C'est très compliqué mais c'est le moteur principal de ce conflit.
A-t-on pris toutes les mesures pour éviter de telle pertes ?
la réponse est de toute évidence non. Cela s'explique par trois points, d'un manque d'intérêt présidentiel pour le fait militaire, un contexte de restrictions des dépenses et une cascade de décisions précipitées.
Un manque d'intérêt présidentiel pour le fait militaire
Prenons en exemple cette décision, prise manifestement à l'emporte-pièce, de renforcer la présence française... qui passe d'une déclaration fantaisiste (1000 hommes, sans aucune condition ni discussion) à la réalité... un contingent de 700 hommes, tous pas encore sur le terrain... Les troupes Françaises, professionnelles, sont sur tellement d'opérations extérieures, qu'il faut gratter les fonds de tiroirs en cas de pépin. Ce mois d'aout, il a fallu plus d'une semaine pour qu'une centaine d'homme aillent porter secours aux habitants du nord qui avaient été balayés par une tornade.
Un contexte de restriction des dépenses
Le matériel est usé et notoirement insuffisant, cela va des véhicules, les chars et VAB ne sont pas assez blindés, aux gilets pare-balle inadaptés. Pas de moyens de reconnaissance, les deux hélicoptères sont dévolus au transport, pas un seul drône ... A la guerre comme à la guerre dirait-on, ou plutôt "SNAFU" « Situation Normal : All Fucked Up » "tout est normal, tout foire", les militaires ont l'expérience des aléas techniques, mais il y a des limites à l'improvisation.
Une cascade de décisions précipitées
En dernier lieu, la patrouille du 19 août a été mal préparée, en tous cas, il y a eu un excès de confiance... ce qu'espèrent toujours des combattants aguerris quand ils organisent une embuscade.
Le chef d'État-major précédent avait démissionné pour sept blessés, que va faire son successeur alors que des erreurs ont été faites à tous les niveaux de décision ?
28 juillet 2008
du stratégique au local, une grosse inquiétude...
Plus de 1000 militaires vont quitter notre voisinage. La base de Taverny est abandonnée, l'Etat-major de l'aviation sera désormais basé dans les montagnes lyonnaises, à une dizaine de kilomètres du centre.
Ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour les populations civiles alentour ne l'est pas pour la politique de défense de la France. Réfléchissons un peu, quel type d'arme peut-il anéantir une forteresse enfouie sous la roche ? Placer ces postes de commandements à proximité de la capitale(Taverny pour l'aviation 2O km, Houilles pour la marine, 16 km) était dans la logique du tout ou rien nucléaire français depuis le début. Ainsi, on ne pouvait pas distinguer une frappe destinée à paralyser la défense d'une autre, plus importante. Bref un agresseur potentiel (le russe soviétique) était placé dans cette alternative avec, comme sanction, les plus terribles représailles.
Maintenant tout sera bien séparé, hélas pour les habitants du lyonnais, ils sont désormais sous la menace d'une attaque "graduée", du genre "je te paralyse ton armée et tu es bien incapable de riposter"... aujourd'hui, ce type d'attaque est bien plus probable qu'auparavant. Au vu de la prolifération des pays disposant potentiellement de missiles et d'armes nucléaires, au vu de la petitesse programmée de nos moyens militaires, et, enfin, compte tenu de la façon dont certains pays "punissent" notre pays, puissance déclinante, je ne suis pas sûr que le choix fait par nos dirigeants soit de la meilleure opportunité.
en dernier lieu, décrocher du tout ou rien, de ce jeu absurde, permet d'envisager trop facilement l'usage de ces armes de destruction massives, à notre encontre... mais aussi à notre initiative. D'ici à être pessimiste, il n'y a qu'un petit pas.... les temps semblent s'assombrir
Rien que pour démontrer la vulnérabilité de ces sites, quelques clics sur google earth permettent de se faire déjà une idée des installations en surface de ces deux bases - grande image... la base du mont Verdun, petite image, la base de Taverny -
01 juillet 2008
tristes rodomontades
Je n'avais pas besoin d'une catastrophe comme celle de Carcassonne pour produire une nouvelle preuve du décalage entre les institutions de la République et l'image de matamore que veut à tout prix avoir notre Président. Je ne crois pas à son "antimilitarisme de droite", c'est trop théorisé, cela plane trop haut pour N.S. En revanche, tout ce qui est service public est frappé d'une sorte de fatwa d'inefficacité, surtout lorsque les fonctionnaires et autres employés rappellent qu'ils travaillent pour la République et ne sont pas les simples exécutants des oukazes sarkosiennes. Le sens de l'État ne signifie pas servilité devant un autocrate. L'armée en prend triplement pour son grade,une fois pour les dysfonctionnements qui ont conduit près d'une vingtaine de personne à l'hôpital, les deux autres pour les nombreuses manifestations d'humeur marquant la désapprobation de la politique de défense actuelle par des militaires qui sont, d'habitude, bien plus silencieux.
L'interrogation principale sur cette affaire est de savoir comment ce
chargeur a-t-il pu se trouver dans les mains de ce sergent. Si, parmi
les réponses, on constate que l'accès aux munitions de guerre est de plus en plus
courant du fait des engagements multiples et répétés de notre armée, il
y a de quoi avoir une certaine crainte... et de réclamer non seulement
de resserrer des boulons, mais aussi de tenir compte qu'une erreur de
ce type a bien plus de chance de survenir dans une armée gérée à flux
plus que tendus
08 mai 2008
un hommage trop clair
Ce matin le Président de la République s'est montré sur les plages du débarquement... Non il ne s'est ni trompé de date, (c'est vrai que la rigueur historique n'est pas son fort. Il serait légitime de voir là un mélange confus du 8 mai et du 6 juin), ni évadé au soleil, quoique le temps s'est mis de son coté. M Sarkosy a fait un choix très emblématique en portant le commando Kieffer au pinacle. Cette centaine d'hommes fut la seule contribution française, symbolique, au débarquement du 6 juin 1944 en Normandie... La France-Libre, ... et surtout de Gaulle, en fut tenu à l'écart. Le "Grand Charles", vexé, n'en a pas seulement tiré des conclusions personnelles. C'est l'un des points majeurs de sa sa réflexion sur la souveraineté de la France qui sait être un allié de confiance... mais qui ne doit, en aucun cas, être ravalée au rang de vassal, de subalterne ou d'auxiliaire.
On ne peut pas ne pas faire de rapprochement entre ce fait de guerre, ou ces français tout glorieux qu'ils soient, n'étaient qu'un contingent de l'armée britannique, et la façon dont se déroule le retour actuel, de la France dans le giron de l'OTAN. Les soldats français du XXIeme siècle vont ils devenir les Gurkhas* de l'Empire ?
*régiment de soldats népalais conservé dans l'armée britannique malgré l'indépendance. Cette institution et son mode de recrutement ressemble beaucoup aux mercenaires suisses qui assuraient la garde des monarques de l'ancien régime.
03 avril 2008
on change de boussole, cap à l'ouest
Ainsi la France réintègre l'Otan. Un des seuls héritage gaullien unanimement partagé est ainsi bradé sans discussion. Je sais que le caniche est l'une des seules race canine d'origine française, mais fallait-il ainsi autant se compromettre dans un appareil qui fonctionne assez mal et nous rend dépendant d'une politique états-unienne plus que discutable. J'en viens même à regretter le Sieur de Villepin.
Demandons donc à notre député ce qu'il en pense, et vous aurez une belle démonstration de l'usage d'une langue de bois oublieuse des intérêts profonds de la France.