Le 18 décembre, le Président à talonnette a ré-annoncé (c'était pas frais du tout, Chirac avait fait de même) l'établissement d'un seuil minimum de 30% de boursiers dans les classes préparatoires. Les établissement les plus prestigieux ont certes déjà obéi, preservant tout de même leurs joyaux en créant une prépa annexe de mise à niveau, comme Henri IV à Paris. Ensuite une série de mesurettes ont été détaillées, presque toutes portant sur l'école.... comme si c'était elle qui créait la misère sociale. C'est là qu'il faut porter le regard. Ce qu'envisage le président c'est de faire miroiter une dynamique individuelle, sur deux générations, comme solution aux problèmes concentrés dans les quartier défavorisés. Si un jeune intègre normale sup' ou Polytechnique, il ne reviendra pas sur la dalle, d'autres reprendrontturc_janissaires_gal_40_30 le rôle de racaille à kärsheriser. La République y gagnerait peut être quelques représentants issus de classes populaires parmi ses élites. Mais ils ne seraient que des nouveaux janissaires, ces chrétiens enlevés enfants par le pouvoir ottoman, formant les troupes les plus fidèles des sultans. Les généraux français de la première guerre mondiale ont été grandement recrutés par un système équivalent, grand nombre d'entre eux étaient fils de paysans. Ils n'ont pas hésité à envoyer, en pure perte, des dizaines de milliers de paysans se faire tuer inutilement.
     Bref cette mesure n'est qu'un habillement, il est plus facile de faire plus ou moins plier les directeurs de prépas que d'appliquer fermement et efficacement le quota de 20% de logement social qui n'est pas respecté par 44% des communes (dont la notre, 17%)
dettesEt puis voila que je lis la double page du prince-député. Il fait la promotion des prêts étudiant. Première remarque, ne sait-il pas que les citoyens américains ont initié la crise parce que, perclus de dettes, ils sont arrivés au bout de leurs possibilités ? Il est magnifique, et consternant, de voir entonner le refrain "endettez vous, endettez vous" par un responsable politique de nos jours. Mais ce n'est pas inconsciemment qu'Axel P. a mis cette promotion en une de son tract. Le nombre de familles pouvant prétendre aux bourses ayant spectaculairement baissé. Comme la base de calcul est le revenu net imposable, et que désormais l'abattement de 20% est supprimé, beau nombre de familles sont désormais au-dessus du seuil, sans voir leur situation s'améliorer pour autant. Ainsi, sur Méry, le nombre de boursiers est passé de 50 à 20. Quelle majorité politique a validé cette mesure ?

Maintenant je récapitule le tout : Vous êtes pauvre, vivez dans un quartier pourri, votre enfant peut, avoir accès aux filières prestigieuses par l'escalier de service. Mais gardez-vous de gagner un tant soi peu plus, sinon, il ne vous retera plus qu'à rentrer dans la spirale du surendettement comme vous y invite le prince-député. Et il faudrait dire "merci Nicolas" en plus ?