Il fait froid, on est en pleine épidémie de grippe et de gastro. Nous allons avoir, dans la semaine qui va suivre, une belle augmentation du nombre de malades. Ce n’est pas de la prédiction gratuite, c’est la Catho pride aujourd ‘hui. « la pluie n’arrête pas le pèlerin », mais les arrêts-maladie vont pleuvoir. La majeure partie des gens qui convergent vers Paris ce matin veulent manifester leur refus du mariage pour tous au prisme de leur image de la famille. La Hiérarchie Catholique y met tout son poids, utilisant depuis l’élection de François Hollande, le réseau des paroisses pour imposer un point de vue univoque. Rappelons qu’ il n’y a pas unanimité parmi les ouailles. 40% des fidèles de cette religion acceptent l’évolution, ils resteront bien au chaud.

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Que dire de leur point de vue. Il ne peut pas être ouvertement homophobe, les temps ont changé déjà, plus de bûchers pour les sodomites… quoique. Faisant fi de tous les aspects pratiques du mariage civil, institution protégeant mutuellement, au mieux, les époux, le débat se focalise sur la famille. Dans ce cas là, le mariage ne serait excusivement permis qu’aux couples pouvant procréer. Cela n’est dèja pas le cas, y compris sous les voûtes d’un lieu de culte quelconque. Donc tout ce monde brandit un discours reposant sur une seule vision de la famille, avec une répartition des tâches éducatives sentant la naphtaline vichysoise. Parmi l’argumentaire on retrouve cette formule triviale marquée du sceau d’ une sagesse populaire éculée : « Il faut un père pour les baffes et une mère pour les câlins pour qu’un enfant soit bien éduqué. ». Un CQFD de bon sens trivial que nulle âme simpliste ne peut réfuter. C’est oublier que cette loi d’airain est la colonne vertébrale d’une société patriarcale. Et que ce mode de fonctionnement, base de la société selon l’Eglise et ses clercs, jaloux de leur pouvoir uniquement mâle, repose sur une injustice fondamentale qui commence à peine d’être réparée. Le combat d'arrière garde que mènent les Eglises contre l'extension des droits matrimoniaux aux couple homosexuels n'est que la façade d'une guerre acharnée qu'elle livrent pour conserver une société d'ordre masculin

Rien ne les interdit de penser ainsi, mais il est heureux que cela ne soit plus l’unique modèle imposé à tous. C'est tout le bienfait de la laïcité. Chaque individu porte en soi le meilleur… et le pire. Comme parent, un couple homosexuel saura faire les mêmes erreurs qu’un couple hétéro ; qu’un veuf ou quiconque guidant, seul ou seule, les pas d’un enfant.  Le propre d’une société humaniste c’est de faire le pari gagnant que le meilleur l’emporte. Pic de la Mirandole ne faisait rien d’autre en développant la thèse du « libre arbitre ». Après avoir fait scandale, soupçonné d'hérésie, et évité, de peu, le barbecue qui était promis à cet humaniste de la Renaissance, l’Eglise a fini par s’approprier sa réflexion. Je ne vais pas théobloguer, mais en fouillant bien l’évangile il semble, qu'officiellement chez les catholiques, que le vecteur principal de la société soit l’amour, et non pas la couillitude. Remarque d'apprenti érudit, j'ai quitté ce navire où j'avais été embarqué à l'âge de six mois.